Haro sur les «galgueros»

On estime à environ 50 000 le nombre...

Agrandir

On estime à environ 50 000 le nombre de chiens de chasse espagnols (galgos et podencos) qui sont torturés, tués ou abandonnés à la fin de la saison de la chasse aux lièvres, qui s'étend de septembre à janvier.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Nous sommes en Espagne, au milieu de nulle part. Un chien, encore vivant, est pendu à une branche d'arbre. Une corde enroulée autour de son cou coupe profondément sa chair. Ses pattes arrière touchent à peine le sol. Il est là, seul, perdu dans un monde de souffrances atroces, pendu à cet arbre depuis des jours. Il ferme les yeux, prend une dernière respiration, un râle lui échappe et il meurt.

C'est le sort que les galgueros (chasseurs espagnols) réservent aux chiens qui n'ont pas «bien chassé». On estime à environ 50 000 le nombre de chiens de chasse espagnols (galgos et podencos) qui sont torturés, tués ou abandonnés à la fin de la saison de la chasse aux lièvres, qui s'étend de septembre à janvier. C'est une véritable hécatombe.

Les galgueros les considèrent comme des déchets, des objets dont ils se débarrassent lorsqu'ils n'en ont plus besoin. Selon les galgueros, un galgo ne vaut même pas la balle pour le tuer...

Au fil des ans se sont ajoutés d'autres moyens plus cruels les uns que les autres pour se débarrasser de ces pauvres bêtes en leur infligeant le maximum de souffrances: ils les jettent au fond d'un puits abandonné où ils meurent lentement de faim et de soif, dans la terreur et accompagnés de l'odeur horrible des corps en décomposition d'autres galgos jetés là au fil du temps; ils les brûlent vivants, leur injectent des produits chimiques dans les veines (entre autres, de l'eau de javel), ils les battent à mort, ils les poignardent, ils leur mettent des bâtons en bois dans la gueule pour qu'elle reste ouverte et ils les abandonnent évidemment, ils ne peuvent ni boire, ni manger et ils meurent après des jours de souffrances ils leur cassent les pattes et les abandonnent dans un endroit perdu. Ou encore, ils les abandonnent tout simplement et ils deviennent des chiens errants, qui finissent par ressembler à des squelettes ambulants et qui meurent de faim, de soif, d'infestations de vers, de maladies virales et de blessures infectées, dans l'indifférence quasi générale.

Des refuges espagnols et des associations européennes essaient d'en sauver le plus possible et aussi de changer les mentalités... Ces refuges, tous gérés par des bénévoles avec les moyens du bord, sont toujours à la recherche de vétérinaires et de techniciens en santé animale pour leur prêter main-forte. Des vétérinaires et des techniciens canadiens et américains répondent à l'appel. Ces gens vont passer une semaine ou plus dans les refuges et offrent leurs services gratuitement pour stériliser les chiens ou faire d'autres opérations (ils sont habituellement nourris et logés). Ceux que ça pourrait intéresser peuvent communiquer avec Lévriers sans frontières (site web et blogue sur Internet).

Ce cauchemar n'est pas seulement animal, car la cruauté et la barbarie des galgueros ne s'arrêtent pas aux chiens. Ils s'en prennent aussi aux bénévoles qui essaient d'aider les chiens. Ils les harcèlent, les menacent de mort, endommagent leurs biens. C'est une guerre qui est loin d'être gagnée...

Danielle Hart

Saint-Pierre-les-Becquets

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer