Vous avez dit «petits empereurs»?

Le maire d'Hérouxville, Bernard Thompson.... (Photo: Stéphane Lessard)

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Le maire d'Hérouxville, Bernard Thompson.

Photo: Stéphane Lessard

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Le Nouvelliste

L'auteur, Bernard Thompson, est maire de la municipalité d'Hérouxville. Il réagit ici à l'éditorial intitulé Les petits empereurs, paru dans notre édition du 3 mars.

À la suite de l'éditorial de Martin Francoeur intitulé Les petits empereurs, il me semble utile de remettre les pendules à l'heure.

Tout d'abord, il faut savoir que Mme Nancy Lavoie, membre de la commission municipale du Québec, n'agissait pas comme accompagnatrice ou médiatrice lors de cette rencontre des maires du 1er mars dernier.

Il s'agissait plutôt d'une invitation à venir la rencontrer dans le but de nous informer de la Loi sur les compétences municipales traitant plus spécifiquement des services supralocaux. D'ailleurs, d'autres maires et mairesses de la MRC de Mékinac étaient présents à cette rencontre.

À cette occasion, elle nous mentionnait que depuis l'entrée en vigueur de la loi en 2006, plusieurs municipalités régionales de comté (MRC), ont procédé à des ententes intermunicipales afin de partager certains services.

Elle nous confiait cependant que plusieurs ententes ne faisaient plus l'unanimité le jour où elles devaient être renouvelées, d'où sa présence lors de quelques séances de médiation sur le territoire québécois.

Madame Lavoie nous informait également qu'une liste de services supralocaux comporte généralement des équipements, des infrastructures, des services et des activités qui doivent obligatoirement faire l'objet d'une analyse afin de déterminer le bien-fondé de ce qui peut ou non être considéré supralocal.

Il fut fort intéressant d'apprendre de sa part que lors de l'analyse d'un dossier, la capacité de payer des municipalités est prise en compte et que les politiques familiales mises en place peuvent constituer un facteur d'influence important, surtout lorsqu'on doit juger d'une offre globale de services.

Aussi, les équipements qu'offre une ville-centre à ses municipalités limitrophes doivent respecter trois critères principaux d'appréciation: constituer une propriété exclusive, attirer des gens de l'extérieur dans une proportion significative et assurer l'unicité de l'offre sur un territoire donné.

Or, du point de vue des maires, ces précisions n'ayant fait l'objet d'aucune attention particulière dans l'étude commise par la firme Raymond Chabot Grant Thornton, comment les municipalités auraient pu négocier sur la base de mauvaises prémisses?

De plus, il faudra bien que quelqu'un admette que ladite étude ne tenait pas compte des services supralocaux que partagent déjà les MRC de Mékinac et de Maskinongé à l'intérieur de leur population régionale respective.

On peut maintenant comprendre que les maires aient maintenu le principe d'utilisateur-payeur à l'égard des seules et uniques offres présentées par la Ville de Shawinigan.

Curieusement, lorsque vous les questionnez, le principe d'utilisateur-payeur se voit très majoritairement soutenu chez les utilisateurs eux-mêmes.

Ironiquement, de nombreux citoyens de Shawinigan ont même approché les élus des villes avoisinantes pour signifier leur approbation au principe d'utilisateur-payeur. Pollueur-payeur, utilisateur-payeur sont des concepts tout aussi populaires en ces temps d'austérité.

Bref, le temps demeurant le meilleur allié des protagonistes, accordons-nous la chance de trouver, s'il y a lieu, la formule miracle. Assurément, ce ne serait pas de voir le gouvernement imposer sa façon de faire, lui qui soutient avec toute la ferveur qu'on lui connaît, les principes de la gérance de proximité.

Mais encore, M. Francoeur, de prétendre comme vous le faites, que «plusieurs d'entre eux ne veulent sans doute pas porter l'odieux de devoir faire avaler une dépense supplémentaire à leurs contribuables. Ce n'est pas bon pour la réélection. Et c'est là qu'on est dans la petite politique», non monsieur, nous avons tout simplement soutenu la volonté de nos citoyens.

Vous ne pouvez sûrement pas nous reprocher d'être des défenseurs de la démocratie, cette dernière étant déjà tellement bafouée par des profiteurs et magouilleurs de tout acabit. Le temps des monarchies et des empires est révolu.

En terminant, il est tentant d'affirmer que le principe d'universalité a parfois pour effet de neutraliser les efforts auxquels certaines municipalités consentent afin de se distinguer des autres.

La créativité et l'originalité de l'offre font meilleure figure au palmarès des municipalités les plus proactives et convoitées, ce qui n'a définitivement rien à voir avec l'esprit de clocher que vous leur affublez.

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