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Agrandissement de l'école Sainte-Marie: le fardeau de la preuve sur le dos des parents

L'école Sainte-Marie de Saint-Boniface.... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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L'école Sainte-Marie de Saint-Boniface.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

Lettre adressée à Sébastien Proulx, ministre de la Famille et ministre de l'Éducation, ainsi qu'à Pierre Giguère, député de Saint-Maurice.

Beaucoup d'encre a déjà coulé dans le dossier de l'agrandissement de l'école Sainte-Marie sans qu'une motte de terre n'ait encore été retournée.

Il semble que le fardeau de la preuve de la nécessité d'agrandir l'école repose sur la communauté et les parents de Saint-Boniface sans que le scénario envisagé par votre ministère de transférer nos enfants en autobus vers Shawinigan n'ait même passé le test de la viabilité. Ce scénario a-t-il seulement été étudié sérieusement?

Voici donc l'exercice décrit sous la problématique du transport seulement, sans s'attarder aux autres conséquences négatives pour les familles affectées et la communauté.

Le scénario envisagé par le ministère est la relocalisation d'élèves excédentaires dans un rayon de 20 kilomètres.

Selon le scénario Z de la Commission scolaire de l'Énergie, les élèves de Saint-Boniface seraient redirigés à Shawinigan-Sud, où des locaux seraient disponibles, pour se conformer au fameux règlement.

On pourrait penser qu'il serait logique d'envoyer les élèves habitant le plus près de Shawinigan pour éviter du transport inutile dans un Québec qui veut se libérer du pétrole, mais transférer une cinquantaine d'enfants de tous les âges ne réduirait pas nécessairement le nombre de classes et ne réglerait donc pas le manque de locaux.

La solution réaliste est donc de transférer des enfants d'un même niveau. Selon le bon sens, les plus âgés sont les plus aptes à subir le transport supplémentaire. Les élèves de sixième année seraient donc déplacés en premier vers Shawinigan-Sud.

Il serait contreproductif qu'un autobus parcoure toutes les rues du village pour cueillir uniquement les élèves de sixième, incluant ceux qui marchent habituellement pour se rendre à l'école. Cela prendrait un temps fou, la municipalité étant formée de plusieurs quartiers excentrés.

Suivant donc la logique, ces élèves de sixième année utiliseraient le réseau d'autobus actuel qui dessert l'école Sainte-Marie avant de procéder à un transfert dans un autre autobus en direction de Shawinigan-Sud, ce qui rallongerait le trajet matinal habituel d'une bonne vingtaine de minutes. Même manège le soir pour revenir prendre son autobus et repartir avec son sac d'école vers la maison.

On parle donc d'enfants qui passeraient près d'une heure et trente par jour dans l'autobus alors qu'une école se trouve à moins de trois kilomètres de leur résidence pour l'immense majorité d'entre eux.

Les questions maintenant. Les élèves de sixième arriveront-ils vingt minutes après le début des classes à Shawinigan-Sud? Devront-ils repartir vingt minutes plus tôt en fin de journée pour rejoindre le transport local?

Réaménagera-t-on l'horaire de l'école de Shawinigan-Sud pour lui permettre d'accueillir nos enfants? Quel sera l'impact sur le transport entre les autres écoles de Shawinigan-Sud?

Est-ce logique de penser qu'on pourrait rallonger l'heure du dîner de 40 minutes supplémentaires à l'école Sainte-Marie pour combler le délai dû au transfert des élèves de sixième afin de satisfaire la logistique du transport?

L'école sera toujours pleine et le service de garde est déjà très à l'étroit. Rallonger le dîner serait un supplice pour tout le monde.

Quand on sait que la durée du transport en autobus est un facteur de réussite scolaire, à quel point peut-on laisser la situation de nos enfants devenir plus vulnérable? Que se passera-t-il de constructif pour nos enfants durant ces quarante minutes quotidiennes de plus dans l'autobus?

On utilisera peut-être l'exemple du secondaire pour démontrer la faisabilité du transfert d'élèves, mais au secondaire, les jeunes vont tous à la même école par un seul trajet, suivent tous le même horaire dans un même lieu physique, et sont généralement assez matures pour demeurer seuls à la maison le matin et le soir.

Qui pourra apporter des réponses satisfaisantes et rassurantes à ce défi logistique? Qui osera encore dire que le scénario Z est dans le meilleur intérêt de nos enfants et de nos familles?

Ce règlement de 20 kilomètres est tout simplement inapplicable dans notre situation, peu importe l'endroit où nos enfants seront déportés.

Messieurs les élus, on vous écoute.

Luc Arseneault

Saint-Boniface

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