L'indépendance, la voie de la maturité

Philippe Couillard... (Archives La Tribune)

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Philippe Couillard

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Le Nouvelliste

L'auteur, Alain Lirette, est président du Comité de la souveraineté de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie.

Depuis son arrivée au pouvoir, l'actuel gouvernement libéral de Philippe Couillard impose un régime d'austérité à la population québécoise. Ce qui se traduit par de nombreuses diminutions dans les subventions de fonctionnement aux organismes publics et parapublics, en plus des fermetures d'organismes régionaux, comme les conseils régionaux de développement, entre autres. Tous ces exercices de compression et d'austérité sont imposés au nom de l'équilibre budgétaire et de l'atteinte du déficit zéro.

Il nous semble que c'est un film que l'on a déjà vu et dans lequel la population québécoise a déjà joué le rôle principal.

Cependant, Philippe Couillard et ses acolytes, tout comme plusieurs de ses prédécesseurs, semblent oublier qu'un budget comporte aussi une deuxième colonne sur laquelle il peut intervenir, soit celle des revenus. Ils ne font guère d'efforts sérieux pour s'attaquer aux problèmes de l'évasion fiscale, des paradis fiscaux, du travail au noir et autres échappatoires fiscales. Le pire, toutefois, c'est qu'ils abdiquent complètement leur rôle lorsqu'il s'agit de se battre contre le gouvernement fédéral qui maintient le Québec dans un état permanent de déséquilibre fiscal.

Selon le budget du Québec 2013-2014, «le gouvernement fédéral a donné vie au déséquilibre fiscal en sabrant dans les transferts au Québec et aux provinces pour la santé, pour l'éducation et pour les programmes sociaux et en se servant des surplus générés par ces diminutions pour multiplier les intrusions dans les champs de compétence du Québec et des provinces.»

Le déséquilibre fiscal entre le Québec et le gouvernement canadien ne date pas d'hier. Selon un rapport de l'IREC, «il pourrait même être qualifié de structurel et remonte aux origines de la Confédération». En 1957, Onésime Gagnon, ministre des Finances du gouvernement du Québec mentionnait: «Nous ne pouvons nier que les causes de mésentente entre le gouvernement fédéral et les provinces subsistent toujours. Alors que le Trésor fédéral accapare la plupart des sources de revenus et enregistre des surplus énormes, il continue de mettre en danger l'avenir de la Confédération en envahissant le champ de la juridiction provinciale.»

Rappelons-nous qu'afin de permettre au gouvernement du Québec un meilleur contrôle de ses finances, le gouvernement d'Adélard Godbout en 1940, suivi par celui de Maurice Duplessis en 1947, se sont successivement battus contre le gouvernement fédéral pour finalement réussir à percevoir 10 % de nos impôts.

C'est en partie grâce à ces impôts provinciaux que le gouvernement de Jean Lesage a réalisé plusieurs réformes durant la Révolution tranquille.

La réalité politique actuelle est que nous servons de vache à lait au pouvoir majoritaire canadien lorsque les dirigeants actuels de l'État du Québec acceptent qu'une bonne partie des 47 milliards de dollars que nous envoyons en impôts à Ottawa chaque année sert à financer tantôt les chantiers navals de la Colombie-Britannique et de la Nouvelle-Écosse, tantôt l'industrie automobile de l'Ontario, avec des miettes pour l'industrie manufacturière du Québec.

Dans son ouvrage Un gouvernement de trop, Stéphane Gobeil a bien démontré la richesse qu'il en résulterait pour le Québec si notre État prenait en charge tous ses impôts et, par voie de conséquence, l'entièreté de son destin politique.

En refusant de voir la réalité en face, en refusant le constat évident que le Canada n'a plus rien à offrir au Québec, en refusant de saisir à bras le corps la responsabilité et la maturité qui incombent à chaque État de prendre en main son destin, en laissant le fédéral empiéter comme bon lui semble dans les champs de compétence du Québec, Philippe Couillard et les siens mènent notre nation vers sa lente disparition.

Pour l'avenir, nous suggérons à nos dirigeants présents et futurs de suivre l'exemple d'Adélard Godbout et de Maurice Duplessis en rapatriant nos impôts afin de permettre aux Québécois d'avoir un meilleur contrôle de leurs finances et d'investir ces sommes en fonction de leurs intérêts.

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