Le revenu minimum fait les manchettes

Le gouvernement du Québec envisagerait sérieusement d'implanter le revenu... (La Presse)

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Le Nouvelliste

Le gouvernement du Québec envisagerait sérieusement d'implanter le revenu minimum garanti (RMG). C'est ce qu'a dit le premier ministre Philippe Couillard dernièrement aux journalistes.

Tout comme M. Couillard l'a mentionné, je suis aussi d'accord à ce que les gens trouvent plus facilement la dignité. En effet, quand on est à faible revenu ou sur l'aide sociale, ce n'est pas toujours facile d'avoir sa dignité. Nous devons tous être égaux face aux besoins essentiels; qu'on soit riche ou à faible revenu, on a tous le droit à la vie et d'avoir un niveau de vie décent! C'est supposé d'être garanti par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.

Que le gouvernement parle de cela, est-ce une surprise ou une résolution d'après les Fêtes? Je penche plus pour la surprise. J'ai été étonné de constater qu'il parle maintenant ouvertement d'étudier sérieusement la possibilité qu'on ait le RMG pour tous les Québécois (chacun aurait un revenu de base, qu'il soit avec ou sans travail, jeune ou vieux, etc.).

M. Couillard s'est dit préoccupé par les changements économiques qui laisseront des gens sans emploi et par ceux qui seront laissés de côté par cette transition économique. Il a dit: «C'est là qu'on doit s'assurer d'être solidaire, qu'on n'échappe pas trop de monde dans cette transition économique qui va avoir lieu de toute façon. Ça s'appelle le maintien de la dignité des gens». Quelle est la raison de cet intérêt soudain du gouvernement d'aider les personnes les plus vulnérables? Est-ce pour favoriser la dignité de tous les citoyens ou pour réduire la taille de l'État? Reste à voir jusqu'où le gouvernement sera sérieux dans ses intentions d'aider les personnes les plus vulnérables.

Michel Chartrand parlait dans son livre Manifeste pour un revenu de citoyenneté que ce revenu serait remis à toutes les personnes, dès leur naissance. D'autres réclament que le RMG soit remis dès l'âge adulte. L'un comme l'autre est possible. Certains disent, comme M. Chartrand, que ça pourrait remplacer plusieurs programmes et mesures sociales en place. Est-ce qu'il serait pertinent de les remplacer tous? C'est une excellente question à laquelle il faut penser vraiment avant de répondre. Ce n'est peut-être pas mieux, en voulant aider des gens, d'augmenter le revenu de certains en remplaçant l'aide sociale par le revenu minimum garanti et en même temps d'en appauvrir d'autres parce qu'ils n'auraient plus la CSST ou la SAAQ comme mesure de remplacement de revenus ou d'autres parce qu'ils devraient payer 40 $ par jour pour les services de garde au lieu du montant actuel.

Je crois que cela pourrait être un problème de remplacer l'aide sociale par le RMG. On ne souhaite pas maintenir les gens dans le même niveau de pauvreté. Dans cette logique, le RMG doit être mis en place pour améliorer les conditions de vie des gens; c'est seulement de cette façon qu'on les aidera vraiment, qu'on aura aussi un effet de levier sur leur santé et sur la santé de l'économie. Il faut donc que les gens aient accès à un revenu plus élevé pour combler leurs besoins essentiels. Sinon, ils ne pourront pas se porter mieux. C'est seulement avec un revenu qui leur permettra de couvrir davantage leurs besoins de base qu'ils auront moins besoin de consulter les médecins et spécialistes de la santé - diminuant par le fait même les coûts de santé - et qu'ils pourront s'épanouir davantage pour prendre toute la place qu'il leur sera possible de prendre pour contribuer plus encore à la société, par le retour aux études et en emploi et le démarrage d'entreprise notamment.

La Finlande appliquera le revenu minimum garanti dès 2017. C'est un pays d'environ cinq millions et demi d'habitants, un peu moins qu'au Québec. Si ça peut se faire là-bas, ça doit pouvoir se faire ici. Il y aura aussi un référendum en Suisse sur la question à l'automne 2016 sur cette question. À quand notre tour?

Je propose qu'on réfléchisse collectivement là-dessus encore; ceux qui le voudront bien... en espérant que des élus participeront à cette réflexion, et ce, dans l'objectif de travailler pour le bien commun.

Martin Couture-Pineau

Sainte-Anne-de-la-Pérade

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