La ministre Thériault et le droit à son opinion

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La ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault

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Le Nouvelliste

Je ne m'étendrai pas sur le sujet du féminisme vs égalitarisme. Bien qu'il est excusable de confondre les deux, ils sont néanmoins très différents.

Ce qui m'exaspère dans les nombreux textes qui s'écrivent encore aujourd'hui sur les propos de la ministre, c'est ce droit d'opinion putatif que l'on semble lui accorder et qui lui conférerait de facto une espèce d'immunité; comme une moitié de pardon, car il s'agirait d'un droit qu'elle exerce.

Sommes-nous vraiment libres de penser ce que nous voulons? Libres d'avoir une opinion et de l'exprimer?

Certes, nous sommes tous libres de penser. Mais penser c'est raisonner. Et comme toute liberté comporte des obligations, celle de penser doit obligatoirement faire appel au raisonnement.

Chacun ne peut évidemment aller plus loin dans son raisonnement que sa capacité à le faire. C'est que l'on pourrait appeler les limites du raisonnement et de la pensée.

Dans notre salon, en écoutant les infos, nous sommes tous libres de penser avec plus ou moins de raisonnement, et ce, même si on doit se rattraper en se disant: «Oh mon Dieu mais qu'est-ce que je viens de dire là, c'est affreux!», pour ensuite se rassurer d'un petit rire nerveux, car il n'y a pas de conséquences.

Là où l'absence de raisonnement dans la pensée fait vraiment mal, c'est lorsque cette pensée s'exprime, lorsqu'elle devient opinion.

Un peu comme un artiste peintre qui décide un jour de faire une première exposition après avoir peint des années dans l'anonymat le plus complet.

En exposant son oeuvre, il doit comprendre qu'il s'expose aussi à la critique; au raisonnement artistique et à son impitoyable jugement.

Avoir le droit à son opinion ne veut certainement pas dire que cette dernière doit obligatoirement être respectée.

Pour qu'une opinion mérite quelque respect que ce soit, sa pensée doit reposer sur des assises de raisonnement solides, et non sur un droit omnipotent, tel un veto, de dire n'importe quoi. Aucun droit n'est absolu.

Les propos de la ministre ne méritent pas le respect car la pensée derrière son expression manque de façon navrante de profondeur.

C'est mon opinion.

Gilbert Mercure

Trois-Rivières

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