Il faut soutenir l'Accorderie de Trois Rivières

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Le Nouvelliste

J'ai connu l'Accorderie de Trois-Rivières un peu par hasard: en recherche d'emploi en France et curieuse de découvrir d'autres pays, je suis tombée sur une annonce de stage au Québec.

Ce stage avait lieu dans un organisme au nom étrange: l'Accorderie. Les quelques lignes de description ont suffi à piquer ma curiosité et à me convaincre que cela méritait bien de traverser l'Atlantique.

Comment je décrirais l'Accorderie de Trois-Rivières?

C'est pour moi plus qu'un organisme communautaire: c'est une micro-société modèle où le respect de l'autre est central.

C'est le seul endroit que j'ai pu visiter jusqu'ici où l'égalité est aussi prégnante et où la mixité sociale est réelle.

Riche ou pauvre, québécois ou étranger, diplômé ou sans qualification, homme ou femme, jeune ou vieux: tout le monde a exactement la même place et les mêmes droits.

Tout le monde peut proposer des activités, des services, des idées et, surtout, tout le monde est rémunéré de la même façon, quelle que soit la compétence mise à disposition. Une heure égale une heure, personne n'y dérogera.

En utilisant comme unique monnaie d'échange ce bien universel qu'est le temps, l'Accorderie recrée les relations sociales et les replace à leur juste valeur.

Pour survivre, l'Accorderie de Trois-Rivières s'est montrée audacieuse, innovante.

C'est en effet la première Accorderie du réseau à avoir répondu à des appels à projets afin de créer des emplois (ateliers cuisine et nutrition, ateliers d'informatiques, yoga numérique, etc).

Et c'est un pari réussi... pour un temps. Car les subventions à la mission ne font qu'illusion.

Ils financent le poste du chargé de projet, pas celui de la coordination qui recherche et répond à ces projets, planifie et organise la vie de l'Accorderie. Surtout, ils ont une durée limitée à quelques mois.

Comment tenir dans ces conditions? Qui voudrait d'un poste perpétuellement remis en question?

Trois acharnés répondent pourtant toujours présents: parce qu'ils ont à coeur la mission de l'Accorderie et qu'ils croient fermement aux bienfaits de leur action pour la société dans son ensemble, parce que l'épanouissement des Accordeurs qu'ils côtoient quasi quotidiennement les défend de lâcher prise.

En proposant une micro-société sans argent insérée dans un monde où l'argent est roi, l'Accorderie de Trois-Rivières a fait un pari ambitieux mais tenable, à condition d'être reconnue à juste titre pour le travail qu'elle réalise: contre l'isolement, contre les discriminations, contre le chômage, pour la mixité sociale, pour la santé, pour l'ouverture culturelle, pour l'image de soi...

Accepter la disparition de l'Accorderie de Trois-Rivières, c'est accepter la disparition de ce monde solidaire et égalitaire, c'est réduire en miette l'effort entrepris depuis plus de dix ans pour briser les barrières sociales.

Pour toutes ces raisons, et pour bien d'autres encore que je n'ai pas la place de citer, je vous encourage toutes et tous à venir soutenir l'Accorderie de Trois-Rivières.

Alice Goulaouic

Ex-adjointe à la coordination de l'Accorderie de Trois-Rivières

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