L'intoxication au plomb: un problème encore important en 2016

Près de 10 % de la population en... (Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Près de 10 % de la population en Amérique du Nord ont une plombémie supérieure à la nouvelle norme.

Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

En réaction à la lettre de la Dre Isabelle Goupil-Sormany intitulée «Intoxication au plomb: la population trifluvienne n'a rien à craindre», publiée le 24 février dernier.

La plombémie est bel et bien une problématique de santé publique encore préoccupante en 2016 et les citoyens de Trois-Rivières ont à craindre à ce sujet pour différentes raisons.

D'abord, si les entrées d'eau en plomb des maisons ont cessé d'être installées depuis 1975, elles n'ont pas encore été remplacées à Trois-Rivières pour la plupart des résidences de huit logements et moins construites avant cette date; c'est donc encore un problème.

Ensuite, si les soudures au plomb ne sont plus utilisées depuis 1990, la grande majorité des tuyauteries des maisons bâties avant cette date ont encore les mêmes soudures au plomb; c'est donc encore un problème.

Plusieurs composants de la tuyauterie contiennent du laiton ou du bronze et même si les normes sont de plus en plus contraignantes sur le marché, elles sont encore disponibles et presque toutes les maisons à Trois-Rivières en contiennent; c'est donc encore un problème.

Il existe encore plusieurs autres sources de plomb dans l'environnement urbain de nos jours (vieilles peintures au plomb qui s'écaillent, plastique, bijoux, tabac, teintures progressives à cheveux); c'est donc encore un problème.

Également, près de 10 % de la population en Amérique du Nord ont une plombémie supérieure à la nouvelle norme de 5,0 µg/dl (équivalent à 0,24 µmol/l) fixée par les US Centers for Disease Control and Prevention (2012), alors un dépassement de la norme chez 10 % d'une population doit être considéré comme très préoccupant.

De nombreuses études récentes font valoir que la présente norme de 5,0 µg/dl ne se révèle pas sécuritaire pour les enfants, les femmes enceintes et les foetus et qu'à ce niveau, les risques d'atteintes neurologiques affectant le comportement, le quotient intellectuel et le rendement scolaire sont réels.

Mentionnons aussi que l'acide hydrofluosilicique qui sera utilisé pour la fluoration de l'eau à Trois-Rivières se dissocie en acide silicique qui, malgré qu'il est un acide faible, dissout efficacement le plomb de la tuyauterie.

Or, la quantité de substances alcalines nécessaires pour neutraliser l'acidité de l'acide hydrofluosilicique ne sera pas suffisante pour neutraliser l'acide silicique ainsi formé.

L'acide hydrofluosilicique de qualité industrielle qui servira à la fluoration de l'eau à Trois-Rivières est contaminé par des métaux lourds principalement par le plomb (max. 200 ppm).

Même une plombémie à 2,5 µg/dl augmente sensiblement la susceptibilité à la carie dentaire et les populations les moins favorisées seront les plus affectées.

Le Dr Goupil-Sormany a laissé croire que les réels problèmes relatifs à l'exposition au plomb avaient été réglés à Trois-Rivières alors ce qui n'est absolument pas le cas pour une partie importante des résidences.

Visant à défendre la fluoration à tout prix, par sa réponse, elle a tenté de dissiper les craintes des citoyens par des demi-vérités et la dissimilation de faits importants risquant de compromettre la santé de la population advenant la reprise de la fluoration.

Gilles Parent, naturopathe

Coauteur de La fluoration: autopsie d'une erreur scientifique

Danville

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