Pour l'indépendance des hygiénistes dentaires

L'Association des chirurgiens dentistes du Québec (ACDQ) a décidé de plonger la... (123RF)

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Le Nouvelliste

L'Association des chirurgiens dentistes du Québec (ACDQ) a décidé de plonger la main dans sa poche bien garnie pour se payer une publicité.

«...Non moi je suis hygiéniste, je vais te nettoyer les dents et après la dentiste va revenir...»

Leur objectif est probablement de se positionner dans l'opinion publique par rapport à une éventuelle demande d'autonomie des hygiénistes dentaires.

Le patient - «pour voir si j'ai des caries?» La dentiste - «ça pis si je vois d'autres choses» L'hygiéniste - «y a juste elle qui peut faire ça».

L'information véhiculée par cette publicité est véridique. Une hygiéniste dentaire ne peut poser de diagnostic et elle est sous la supervision du dentiste. Donc oui, l'hygiéniste nettoie et le dentiste s'occupe des caries...

Cette publicité contient aussi un message beaucoup plus insidieux. L'hygiéniste est soumise à son dentiste qui, par sa grande générosité, lui permet de nettoyer vos dents.

Heureusement, les publicitaires ont choisi une femme pour jouer le rôle du dentiste, car l'ACDQ aurait certainement été accusée de machisme. Il reste que «narcissisme» colle bien à cette publicité.

L'ACDQ ne peut concevoir que le gouvernement du Québec puisse légiférer en faveur des hygiénistes dentaires. Ils ne veulent pas perdre une vache à lait.

Le jour où vous pourrez vous faire nettoyer les dents pour une fraction du prix par une hygiéniste indépendante, la répartition des revenus sera bien différente.

Les hygiénistes dentaires peuvent difficilement promouvoir leurs revendications. Elles ont peur des dentistes qui sont en position d'autorité et elles n'ont pas les moyens financiers pour rivaliser dans l'opinion publique avec l'ACDQ.

L'hygiéniste dentaire est soumise au code de déontologie de l'Ordre des hygiénistes dentaires du Québec (OHDQ).

Le Code des professions définit comme suit les activités qui peuvent être exercées par ses membres: dépister les maladies bucco-dentaires, enseigner les principes de l'hygiène buccale et, sous la direction d'un dentiste, utiliser des méthodes scientifiques de contrôle et de prévention des affections bucco-dentaires.

C'est la seule profession qui est «sous la direction» d'une autre. Paradoxal, vous ne trouvez pas?

On pourrait présumer que l'hygiéniste dentaire n'a pas les compétences nécessaires pour assumer son autonomie et qu'elle représenterait un danger pour la population si ce n'était de la bienveillance des dentistes.

Or saviez-vous qu'il n'y a qu'au Québec et à l'Île-du-Prince-Édouard qu'elles ne sont pas indépendantes? Le Canada doit certainement être en danger!

Souhaitons que le gouvernement ne se laisse pas impressionner par le puissant lobby de l'ACDQ et qu'il corrige une anomalie professionnelle en permettant l'indépendance des hygiénistes dentaires.

Étienne Boulay

Conjoint d'une hygiéniste dentaire

Trois-Rivières

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