Intoxication au plomb: la population trifluvienne n'a rien à craindre

Isabelle Goupil-Sormany... (Archives, Le Nouvelliste)

Agrandir

Isabelle Goupil-Sormany

Archives, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

L'auteure, Isabelle Goupil-Sormany, est directrice de santé publique et responsabilité populationnelle au CIUSSS de la Mauricie-Centre-du-Québec.

En réponse à la lettre d'opinion «Les Trifluviens menacés d'intoxication au plomb?» publiée le 18 février 2016.

Il est important pour moi de faire le point sur les risques d'intoxication au plomb qui ont été soulevés dans une récente lettre d'opinion.

D'abord, la plombémie est une problématique de santé publique qui a été davantage préoccupante au cours des années 70, mais qui heureusement aujourd'hui, est extrêmement rare et survient habituellement en raison du travail ou de certains loisirs précis tels que le tir de pistolet en salle.

Ainsi, la population trifluvienne n'a rien à craindre à ce sujet pour un ensemble de raisons que voici:

Le plomb fait partie de notre environnement à de très faibles concentrations dans l'air ambiant, la peinture, le sol, la poussière, la nourriture, l'eau, les produits de consommation et les cigarettes.

Au cours des dernières décennies, l'application de normes plus restrictives a permis d'éliminer pratiquement tout le plomb de l'essence, de la peinture et des autres matériaux.

Par exemple, les soudures en plomb ne sont plus permises dans les boîtes de conserve destinées aux produits alimentaires et les concentrations moyennes de plomb dans l'air ambiant ont diminué de 97 % au cours des 40 dernières années.

Depuis février 2012, le Règlement sur la qualité de l'eau potable (RQEP) au regard du suivi du plomb et du cuivre a été resserré et exige désormais un plus grand nombre d'échantillonnages à réaliser. Ainsi, en plus des échantillons hebdomadaires pour la qualité de l'eau, des centaines d'échantillons sont réalisés chaque année spécifiquement pour le plomb à Trois-Rivières.

D'ordre général, les échantillons recueillis dans le réseau d'aqueduc trifluvien ne démontrent aucun problème d'exposition au plomb, et ce, autant au cours des années où l'eau était fluorée que ceux pris récemment. Au cours des dernières années, seules quelques résidences ayant des entrées d'eau en plomb ont fait l'objet d'interventions ciblées pour remédier à la situation.

Dans un avis scientifique sur la fluoration de l'eau publié en 2007, l'Institut national de santé publique du Québec conclut que les produits utilisés en fluoration n'ont pas d'effet sur la dissolution du plomb dans les canalisations.

Cela dépend d'autres facteurs tels que la présence d'oxygène, la température, la présence de sulfites d'hydrogène et de certaines bactéries, et non pas de la présence de l'ion fluorure.

Bien que les produits utilisés pour la fluoration soient acides, au moment qu'ils sont ajoutés dans le réseau de distribution, ils sont neutralisés et le ph est ajusté afin de respecter les normes à cet effet, plus précisément l'article 17 du règlement sur la qualité de l'eau potable au Québec.

Enfin, le ministère de la Santé et des Services sociaux prévoit, dans le cadre de la subvention accordée à la Ville de Trois-Rivières pour la mise à jour des installations associées à la fluoration de l'eau, un montant spécifique pour évaluer la chaîne de traitement de l'eau potable et ainsi assurer le maintien aux normes du ph et des autres propriétés de l'eau.

Pour des informations complètes sur le plomb, j'invite la population à consulter la Trousse d'information sur le plomb sur le site web de Santé Canada: www.sc-hc.gc.ca.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer