Une enquête pour dissiper les doutes

Claude Jutra... (Arnaud Maggs / Bibliothèque et Archives Canada)

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Claude Jutra

Arnaud Maggs / Bibliothèque et Archives Canada

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Le Nouvelliste

En réaction à l'éditorial de Martin Francoeur sur l'affaire Claude Jutra, publié le 18 février.

Je tiens à vous féliciter pour votre éditorial sur l'affaire Claude Jutra.

Vous y abordez tous les aspects, tout en mettant l'accent sur le silence des gens qui savaient, sur la pertinence de la décision de Québec Cinéma à propos du Gala et du prix Claude Jutra, mais aussi sur le fait que les décisions de désacraliser en quelque sorte l'hommage à Jutra dans l'espace public sont peut-être trop rapides compte tenudes incertitudes planant encore sur cette affaire.

Quoi qu'il en soit, il est évident que la pédophilie sous toutes ses formes et de la part de qui que ce soit ne peut être admise et tolérée.

Personnellement, j'aurais préféré que les diverses instances décisionnelles des institutions publiques autres que Québec Cinéma attendent qu'une enquête publique confirme les faits avant d'enlever le nom de Jutra de tous les sites et monuments en son honneur. Je crois que le bénéfice du doute et la présomption d'innocence doivent prévaloir, même à titre posthume et après trente ans. Après tout, pour l'instant, à ma connaissance, le public n'a pour se faire une opinion qu'un bref passage dans une biographie, les déclarations de l'auteur et le témoignage encore anonyme d'une présumée victime.

Par contre, considérant l'ampleur et les conséquences de tout ceci, je présume ou à tout le moins j'espère que les sources de l'auteur Lever, des médias qui semblent corroborer la position de celui-ci et des institutions ayant déjà décidé de retirer le nom de Jutra de toute forme d'hommage public, sont absolument crédibles et fondées sur des faits et témoignages vérifiés, sinon nous assisterions à un scandale inversé d'avoir «banni» un innocent.

L'attitude et les propos des dirigeants de Québec Cinéma m'incitent à accorder foi à ce témoignage même anonyme et à saluer leur appréciation du courage de la présumée victime pour avoir révélé ce qu'elle aurait subi comme abus de la part de Jutra.

À ceci s'ajoute la position de Pierre Dorais, sociologue et professeur à l'Université Laval, selon qui «il faut maintenant lancer une enquête pour «dissiper les doutes» sur les événements du passé... qu'on sache le fond de l'histoire... Moi, je pense que pour le respect des victimes, on doit ça. Pour éviter de faire un procès sur la place publique aussi».

Compte tenu de la gravité des accusations et de ses séquelles sur la ou les victimes, de la notoriété de l'accusé et du respect dû à sa mémoire, et des répercussions dans le monde artistique québécois et notre société, je considère qu'une telle enquête est un devoir civique.

Robert Duchesne

Trois-Rivières

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