Les Trifluviens menacés d'intoxication au plomb?

L'eau du robinet est devenue un vrai cocktail... (Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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L'eau du robinet est devenue un vrai cocktail de produits chimiques.

Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

La fluoration de l'eau de l'aqueduc pourrait-elle augmenter la concentration de plomb dans le sang des trifluviens?

Sans aucun doute: des études ont montré que les enfants vivant dans des zones où l'eau est traitée avec des fluorures, ont des niveaux élevés de plomb dans le sang et que ce plomb provient bien de l'eau potable distribuée par la municipalité

L'acide fluorosilicique, un sous-produit corrosif de l'industrie des phosphates, est utilisé par certaines villes pour fluorer leur eau «potable». On sait que ce produit chimique se dissociant dans l'eau en ion fluorure et silice, corrode les canalisations et en extrait notamment le plomb.

Selon l'OMS, le plomb absorbé par l'eau fluorée crée chez les enfants des problèmes de développement et de comportement que l'on pense être irréversibles.

Dans la ville de Flint au Michigan comme dans d'autres villes, le plomb et le fluor dans l'eau de l'aqueduc ont été à l'origine d'une perte des fonctions neurocognitives et de déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH) chez les jeunes enfants et les adolescents. Plomb et fluor ont aussi contribué à une augmentation de la violence et à une demande croissante de programmes d'éducation spéciale et de services correctionnels pour mineurs.

La fluoration de l'eau n'augmente pas seulement sa concentration en plomb, mais elle augmente aussi son acidité. Les ingénieurs du traitement des eaux à San Francisco ont constaté que l'ajout d'acide fluorosilicique ou d'autres sels de fluorure dans l'eau de la ville augmente son acidité et sa corrosivité.

Cela s'est aussi passé à Thunder Bay, la deuxième plus grande ville du nord ontarien. Afin d'éviter que cette eau corrosive ne détruise les installations de distribution d'eau, les villes ont dû ajouter de grande quantité de soude caustique (NaOH).

Ainsi, le dispositif de fluoration de l'eau potable trifluvienne en cours d'installation risque d'empoisonner les citoyens au plomb, et de corroder les canalisations d'eau des villes (n'oublions pas que les anciennes installations de fluoration de Trois-Rivières ont été détruites par ce fluor). La fluoration, l'empoisonnement au plomb et la lutte contre la corrosion finiront par coûter cher aux citoyens. Voulons-nous cela dans le contexte économique difficile que nous connaissons pour l'instant au Québec?

L'eau du robinet est devenue un vrai cocktail de produits chimiques, composé d'herbicides, de pesticides, de médicaments, etc. Qui oserait recommander aux adultes de cuisiner et aux femmes enceintes ou aux jeunes enfants de consommer cette eau devenue un vrai danger? Quelques exemples: Flint depuis 2014, Thunder Bay en 2004 et Shannon depuis 1985.

Il est encore temps de faire marche arrière et de décréter un moratoire afin de respecter la volonté citoyenne exprimée sans équivoque par la pétition de la CTETS atteignant près de 17 000 signatures.

Une quarantaine d'arguments ont été colligés par des spécialistes et sont disponibles sur le site de la Coalition Eau Secours. Chacun de ces arguments à lui seul justifie que l'on abolisse le programme de fluoration. La raison et le principe de précaution doivent primer sur l'adhésion aux croyances véhiculées par les autorités gouvernementales et contraires aux données scientifiques objectives.

Christian Linard,

Biochimiste clinique et professeur titulaire à l'UQTR

Mireille Guay,

PhD en chimie organique

Joan Hamel,

Chargée de cours à l'UQTR

Porte-parole de la Coalition trifluvienne pour une eau très saine (CTETS)

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