À quand une vraie justice fiscale pour tous?

J'ai cru jusqu'à tout dernièrement que lorsqu'il était question d'évasion... (Archives La Presse)

Agrandir

Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

J'ai cru jusqu'à tout dernièrement que lorsqu'il était question d'évasion fiscale, on parlait d'argent envoyé dans les paradis fiscaux. Je croyais également que lorsqu'on parlait d'évitement fiscal, il était question de toutes les manoeuvres, légales ou illégales, que des individus ou des entreprises mettent en place pour payer le moins possible d'impôt. Mais avec tout le débat entourant le fait de savoir si Pierre-Karl Péladeau a des intérêts ou non dans les paradis fiscaux, j'ai découvert que j'avais tout faux.

J'ai appris que lorsque nous parlons d'évasion fiscale au Québec, cela réfère au travail au noir et que cela est illégal. Que lorsque des individus et des entreprises envoient de l'argent dans les paradis fiscaux, cela s'appelle de l'évitement fiscal et que cela est légal. Et lorsque qu'un individu ou une entreprise est prêt à payer un fiscaliste de 200 $ à 400 $ de l'heure pour payer le moins d'impôt possible, cela signifie qu'il y a plein de mesures et d'échappatoires fiscales pour les plus riches - auxquelles n'a pas droit le travailleur ordinaire - et cela aussi est légal, même si c'est injuste. D'ailleurs, c'est à même nos impôts qu'est payée la formation des fiscalistes dans nos propres universités alors que leur savoir ne sert essentiellement les intérêts que d'une minorité au Québec.

Quant au reste de la population, surtout les revenus des travailleurs et des travailleuses salariés ou retraités, à part un petit montant qui équivaut aux besoins minimaux de base, le taux d'imposition pour notre tranche de revenus s'applique à 100 %. C'est la classe moyenne salariée qui écope le plus dans ce domaine.

On entend des gens pousser les hauts cris lorsqu'il est question d'ajouter de nouveaux paliers d'imposition pour les hauts revenus (250 000 $ et plus) afin de permettre au gouvernement d'augmenter ses revenus. Avant 1988, il y avait 16 paliers d'imposition. Il y en a quatre actuellement. Pourtant, il y a de plus en plus de millionnaires au Québec. Il n'y a pas que les PDG des grandes entreprises qui ont des revenus annuels impressionnants, il existe également des gens plus «pauvres» qui ont des revenus annuels de plus d'un demi-million $ et nous ne parlons pas de ces pauvres médecins spécialistes qui font presque pitié avec leurs revenus annuels de 384 000 $ en moyenne...

Pendant ce temps à l'aide sociale, alors que les personnes seules doivent vivre avec 623 $ par mois, avec permission de gagner un 200 $ supplémentaire, tout montant excédentaire est imposé à 100 %, c'est-à-dire coupé entièrement du chèque d'aide sociale et cela, sans que personne n'y trouve à redire.

Il ne faut donc pas s'étonner que les écarts de revenus continuent d'augmenter au Québec Avec un gouvernement qui veut baisser les impôts tout en augmentant la taxation pour l'ensemble de la population, on augmente les inégalités sociales en ne tenant pas compte des revenus de chacun. En coupant dans les programmes sociaux qui sont des mesures pour redistribuer la richesse, on continue d'augmenter les inégalités sociales.

Nous avons actuellement au Québec des normes fiscales qui stipulent que travailler au noir est illégal, mais envoyer son argent dans des paradis fiscaux, c'est légal. Demander que soit augmenté le nombre de paliers d'imposition pour les plus riches est traitée comme une extravagance alors que taxer les plus pauvres et diminuer le peu qu'ils ont est considéré comme justifiable selon le principe du «chacun doit faire sa part dans l'effort collectif».

On nous apprend qu'il existe une fiscalité à deux vitesses au Québec et que ce qui est légal n'est pas nécessairement juste ou moral. Comme citoyenne du Québec, je suis profondément choquée par ces injustices.

À quand une vraie justice fiscale au Québec?

Lisette Dionne

Trois-Rivières

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer