Revenu minimum garanti: l'utopie deviendra-t-elle réalité?

Philippe Couillard... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE)

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Philippe Couillard

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Le Nouvelliste

La semaine dernière, un fait d'actualité d'importance est passé sous le radar des principaux médias, qui l'ont à peine effleuré: la proposition du gouvernement Couillard d'établir prochainement un programme de revenu minimum garanti universel au Québec.

Cette idée, qui ne date pas d'hier, fait de plus en plus son chemin, principalement en Europe. Déjà en 2011, le candidat à la présidence française Dominique de Villepin en avait fait son cheval de bataille.

La Suisse tiendra bientôt une consultation populaire sur le sujet, tandis qu'aux Pays-Bas, la ville d'Utrecht expérimente actuellement un tel régime. La Finlande, pour sa part, adoptera un régime du revenu minimum garanti dès 2017.

En Amérique, seule l'Alaska a déjà adopté la formule depuis deux ans, même s'il s'agit d'une allocation assez réduite. Il faut donc féliciter Philippe Couillard d'avoir finalement eu le courage d'écouter son ministre François Blais, qui se fait courageusement l'avocat du revenu minimum garanti depuis la parution de son volume en 2001. Son ouvrage, très bien documenté, propose un survol détaillé de la question, en remettant en question de nombreux tabous sur le sujet.

Il faut souhaiter ardemment la mise en place effective d'un tel programme au Québec, en dépit des dérives qui ne manqueront pas de surgir. Autre mesure sociale proposée par un gouvernement à tendances gauchistes, comme tous les précédents depuis 1960, ce programme pourrait s'avérer coûteux à administrer et miner partiellement la motivation au travail des citoyens. Cependant, l'économiste américain Milton Friedman, avec son «impôt négatif», proposait déjà une forme de revenu minimum garanti campée plus à droite.

Tôt ou tard, les effets de l'automatisation sur le marché du travail amenant la diminution des revenus de travail et les gains d'efficience par la rationalisation des programmes sociaux devront clairement s'assumer en ce sens. Ces phénomènes finiront par entraîner la disparition de cette mentalité du «rien pour rien», que les libéraux viennent pourtant de confirmer avec leur plus récente réforme de l'aide sociale.

Justement, les libéraux demeurent les libéraux: l'ascendant de M. Blais sur son chef suffira-t-il pour en assurer la concrétisation? La tentation de dilapider la valeur d'une telle proposition, en l'associant à des manoeuvres électoralistes populistes demeure bien réelle. La dérive «verdoyante» du premier ministre depuis la Conférence de Paris, qui risque de plomber la création de richesse au Québec, pourra-t-elle permettre justement de distribuer une allocation suffisante pour endiguer la pauvreté?

Jean Prince

Trois-Rivières

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