Merci, monsieur Léo!

Léo Guilbert sourit en pensant à ses amis... (Stéphane Lessard)

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Léo Guilbert sourit en pensant à ses amis de Madagascar où il se rend, depuis plus de 40 ans, à titre de coopérant.

Stéphane Lessard

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Le Nouvelliste

En parcourant la chronique d'Isabelle Légaré consacrée à Léo Guilbert et intitulée «Léo Guilbert, Malgache d'adoption», parue dans Le Nouvelliste du 23 janvier, je ne peux que lui dire merci!

Merci de mettre en lumière Madagascar, un pays lumineux assombri par les aléas de la nature et la folie des hommes. Aux énormes potentialités, cette grande île de l'océan Indien sous l'égide de l'illustre pasteur Ravelojaona, dès 1913 allait suivre les traces de Japon, une île de l'océan Pacifique. Hélas, cet élan fut stoppé par les vils colonisateurs de l'époque.

Merci de ne pas réduire Madagascar à son attrait exotique et de le considérer dans son authenticité avec ses valeurs si bien dépeintes telle que la solidarité, norme de vie ancestrale, aux genèses du réseautage.

Merci d'être venu à Madagascar avec le visage humble d'un coopérant respectueux sans afficher le masque d'un expert faisant fi des élites locales, agissant en donneur de leçons comme si on l'a attendu pour se frayer du chemin dans le concert des Nations. À l'heure où l'on prône la contextualisation comme modèle de développement efficient, vous étiez en avance sur votre temps.

Merci de dire la vérité sur la pauvreté de Madagascar. Car d'après Charles Péguy «Il faut toujours dire ce que l'on voit: surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l'on voit». Alors vous aviez vu aussi que ce pays est riche de la dignité de son peuple, que nul ne saura lui enlever. Une récente étude de la prestigieuse Harvard Medical School, révèle que la richesse matérielle ne suffirait pas à rendre quelqu'un heureux. En revanche, la qualité des relations garantirait le bonheur. On aura compris pourquoi votre coeur conquis par la chaleur des Malgaches, demeure captif de cette île.

Merci d'avoir retenu ce proverbe, révélateur des mentalités des Malgaches et de leur tradition d'oralité, fondatrice de leur sens de compromis, abhorrant toute brutalité. Imposer ne viendra à bout d'un Malgache, avec son paradoxe d'insulaire aussi ouvert que réfractaire à tout ce qui est étranger.

Merci d'être revenu à Madagascar, malgré l'expérience désolante de l'expulsion, en sachant faire la part des choses. C'est là une belle démonstration que le peuple ne saurait être victime des agissements inconséquents des politiciens animés d'idéologie tendancieuse sans lendemain. L'histoire s'en souviendra et vous y seriez toujours le bienvenu.

Merci d'avoir compris l'âme malgache qui fait l'Homme, selon l'adage Ny Fanahy noho maha olona, traduisant la vision malgache de ce qu'est la personne humaine. Une conception qui ne se fie pas à l'apparence, transcende le paraître pour accorder de l'importance à l'être.

Merci d'aimer Madagascar, ma terre natale, là où j'ai grandi et où mon père mourut.

Misaotra Tompoko!

Tinasoa Razafindrazaka

Malgache de naissance

Trois-Rivières

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