La démocratie et l'intimidation

Plusieurs personnes ont manifesté devant l'hôtel de ville... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Plusieurs personnes ont manifesté devant l'hôtel de ville de Shawinigan lundi.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

C'est bien connu maintenant: Internet et les réseaux sociaux sont très dangereux pour une saine démocratie. Les menaces de violence sinon carrément de mort envers des citoyens qui peuvent s'opposer à des projets dits «économiques» sont monnaie courante et détruisent le savoir-vivre de bon aloi.

Imaginer que l'on vous traite de cons, de morons, d'ostie de retraités, d'ostie de baby-boomers, qu'on invite les citoyens à s'attaquer à votre propriété privée et même à votre personne en «vous achevant tout de suite». 

C'est ce que rapportait avoir lu l'éditorialiste du Nouvelliste ce mardi 2 février 2016. Rendu à ce niveau de civisme, aussi bien déclarer qu'à Shawinigan, nous avons perdu le bon sens et que nous sommes en guerre civile.

En 2004, la direction de la municipalité de Yamachiche a entendu, mais a refusé d'écouter plus de 75 % de sa population qui lui demandait de ne pas favoriser le changement de zonage en face de l'église pour permettre à Desjardins de s'installer dans le stationnement communautaire. La direction municipale aveuglée n'avait que le signe de piastre des nouvelles taxes dans les yeux!

Lors d'une assemblée générale spéciale de la Caisse Desjardins de l'Ouest de la Mauricie, les opposants et propriétaires à la destruction de ce milieu villageois ont été intimidés, chahutés et ridiculisés par des citoyens extérieurs de Yamachiche.

Finalement, la destruction du milieu a eu lieu, les taxes remplissent les coffres du village, les directions municipale et coopérative rient dans leur barbe et la démocratie continue de vivre péniblement son agonie par une honteuse prostitution idéologique d'une économie capitaliste victorieuse et sans frein.

Le directeur «Responsabilité sociale et environnementale» chez Nemaska Lithium s'inquiétait de la réaction de ses investisseurs si un référendum devait avoir lieu: «C'est quoi cette affaire-là?» craignait-il de se faire demander par les financiers!

Ne faudrait-il pas plutôt s'inquiéter de la compétence de ce directeur «Responsabilité sociale et environnementale»? À l'été 2016, il faudrait l'inscrire au cours 101 sur la démocratie; pas à celui de 1916; celui de 2016!

Gros-Jean comme devant, les entreprises fortes de leurs capitaux et promesses d'avenir éblouissantes empêchent les débats démocratiques de se faire sainement; elles permettent, laissent faire et favorisent même l'intimidation des citoyens qui osent éveiller nos directions municipales qui souffrent de cécité et sont insouciantes des enjeux environnementaux planétaires.

Il faut dénoncer l'ignorance crasse et l'aveuglement volontaire des décideurs et élus, car comme à Yamachiche et chez Desjardins, quand l'erreur est commise, on cherche des citoyens «Utilisateurs-Payeurs» pour éponger les gaffes monumentales.

Quand le pipeline d'Énergie-Est viendra décharger son pétrole sale et meurtrier sous notre ciel québécois, sur nos terres nourricières et nos rivières, que diront alors les tenants de ces affreux projets à risque environnemental trop élevé, majeur, et de source d'énergie dépassée?

Ils diront peut-être: «Pourquoi n'avez-vous pas insisté à nous éveiller?»

François Champoux

Trois-Rivières

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