Changer nos habitudes pour pouvoir mieux agir

Le site de l'ancienne papeterie Laurentide de Shawinigan... (François Gervais)

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Le site de l'ancienne papeterie Laurentide de Shawinigan est l'endroit que Nemaska Lithium a choisi pour s'implanter à Shawinigan.

François Gervais

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Le Nouvelliste

Le maire Michel Angers saisit mal les craintes des citoyens, la Chambre de commerce réclame des opposants qu'ils reviennent à la raison et l'entreprise de lithium regrette l'absence de séance d'information.

Pourtant, plus que jamais, on l'a constaté dans le rejet du projet d'oléoduc d'Énergie Est par la Communauté métropolitaine, l'acceptabilité sociale est aujourd'hui une notion incontournable dans la nouvelle réalité des projets.

Tel que le met en évidence Jean-Gynse Bolivar, consultant en environnement, la considération des parties prenantes tout au long de chaque phase dans le cycle d'un projet est un facteur important qui peut contribuer à réduire les risques de dérapage.

Dès lors, si de nombreux projets ne sont pas livrés à l'intérieur des délais souhaités ou qu'ils sont bloqués il est possible, que ce soit parce que les considérations sociétales n'ont pas été prises en compte dans la planification.

L'acceptabilité sociale n'est donc pas affaire de sondages positifs, de pétitions ou de quantité de mémoires favorables. Elle serait plutôt une question de concertation ou de négociation.

Selon le consultant, il existe de nombreux indicateurs d'acceptabilité sociale et sa définition suppose pour le citoyen les composantes suivantes:

- le citoyen au coeur du développement; - large consensus; - accès à l'information;

- une révision du modèle de développement des projets.

Et, pour réduire les effets néfastes de l'acceptabilité sociale, les mesures suivantes sont suggérées:

- Impliquer davantage l'entreprise en cause dans les processus de consultation;

- Communiquer des informations pertinentes durant la réalisation du projet;

- Considérer le facteur politique dans les stratégies de gestion du changement;

- Négocier pour mieux concerter;

- Former (éduquer) les élus locaux au concept d'acceptabilité sociale, s'il y a lieu;

- Amorcer un processus d'accompagnement des groupes d'intérêts;

Et pour les élus prompts à escamoter la démarche pédagogique, le consultant donne le conseil suivant:

«Ne pas ridiculiser les opposants, car la meilleure solution est de comprendre leurs motifs et leurs besoins et d'essayer de concilier les points de vue».

Car, faut-il rappeler, la notion d'acceptabilité sociale est directement liée à la perception d'une menace qu'un projet peut laisser planer sur la vie ou la qualité de vie d'un milieu.

Pour certains spécialistes, une analyse coûts-bénéfices est généralement un préalable à l'évaluation du consentement à payer. Elle permet de trouver l'équilibre entre les craintes des uns et les bénéfices des autres.

Dans ce contexte, il est évident que les entreprises qui auront les meilleurs résultats à long terme seront celles qui arrivent à conjuguer simultanément l'environnement, l'économie et une responsabilité vis-à-vis des communautés locales. Cette responsabilité n'a de raison d'être et de pérennité que si elle s'inscrit dans une approche «gagnant-gagnant».

Tout cela pour dire que si la Ville, le MEDD et l'entreprise de lithium s'inspiraient de ces indicateurs et de cette façon de faire, il est raisonnable de penser que les inquiétudes des citoyens diminueraient et que l'entreprise pourrait s'implanter avec succès dans un site acceptable pour la communauté.

Claude Gélinas

Shawinigan

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