Prévention du suicide: la nécessaire volonté d'agir

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La problématique du suicide est un véritable défi de santé publique à l'échelle du Québec. Ces décès sont évitables. Chaque jour, trois personnes s'enlèvent la vie, laissant pour chaque décès une dizaine de personnes avec un deuil particulièrement difficile. À ce nombre, il faut ajouter des milliers de collègues, d'amis, de voisins, qui vivent avec des idées suicidaires ou un proche en détresse. La région de la Mauricie et du Centre-du-Québec continue d'ailleurs d'être fortement touchée par cette problématique: pour la période 2011-2013, elle se classe toujours parmi les trois régions affichant les taux de suicide les plus élevés.

Malgré l'ampleur de la problématique, aucun plan d'action dédié exclusivement à la prévention de ces décès évitables n'est en vigueur. Aujourd'hui, aucune stratégie détaillée, fédérale ou provinciale, n'est déployée. Le dernier exercice de stratégie concertée remonte à 1998 et a entraîné une diminution progressive des taux de suicide. Néanmoins, les progrès stagnent depuis 2007. Paradoxalement, à l'heure actuelle, le Québec dispose de tous les leviers pour réduire de façon significative le nombre de décès par suicide: il est l'une des nations qui comptent le plus de chercheurs per capita sur la problématique, son innovation clinique en matière d'intervention est reconnue à travers le monde et il peut compter sur des acteurs compétents et dévoués partout sur son territoire: dans les organismes communautaires, le réseau public et le secteur privé. Le Québec possède donc les connaissances suffisantes quant aux mesures efficaces pour réduire de manière significative le nombre de suicides. Or, toutes ces pratiques sont trop souvent déployées différemment d'une région à l'autre. Parfois, les avancées dans une région sont ignorées par d'autres ou peuvent être le fruit du dynamisme local. Le temps est venu de mieux concerter et coordonner nos efforts, d'inscrire les actions locales dans un plan, dans une perspective nationale, fondée sur une véritable vision québécoise de la prévention du suicide.

Or, pour y parvenir, il faut d'abord démontrer une véritable volonté de s'attaquer à ce problème qui nous enlèvera plus de mille d'entre nous cette année, une centaine dans la région. Il s'agirait qu'une fraction des décès par suicide soient attribuables à une cause virale pour que des cliniques de vaccination soient mises en place dans de courts délais, que du personnel soit mobilisé et que des consignes ministérielles claires, uniformes soient appliquées. Pourtant, les personnes en détresse suicidaire et leurs proches peuvent attendre. Dans un rapport de l'OMS intitulé «Prévention du suicide: l'état d'urgence mondial», on peut lire qu'il est urgent que les pays se dotent de stratégies. Au Québec, des efforts sont mis de l'avant: le ministère de la Santé a fait connaître son Plan d'action en santé mentale et le palier fédéral devrait accoucher d'un cadre fédéral de prévention du suicide. Toutefois, aucune de ces mesures, aussi rigoureuses soient-elles, ne peut produire les résultats d'une stratégie vigoureuse et concertée, dédiée uniquement à la cause.

Luc Massicotte

Directeur général

Centre prévention suicide les Deux Rives

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