Sophismes et raccourcis intellectuels

En réponse à la lettre d'opinion de M. Alain Tourigny, publiée le 18... (La Presse)

Agrandir

La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

En réponse à la lettre d'opinion de M. Alain Tourigny, publiée le 18 janvier 2016.

Dans sa lettre anti-écologiste, monsieur Tourigny procède par plusieurs raccourcis intellectuels afin de discréditer les sciences climatiques, en s'attaquant à leur plus important messager, les écologistes, qu'il appelle les «sauveurs de la planète».

D'abord, M. Tourigny prétend que parce que la terre a connu de nombreux changements climatiques par le passé, que ces changements ne peuvent être attribués, avec raison, aux humains, les changements climatiques actuels, conclut-il, ne sont donc pas des anomalies dont l'Homme est majoritairement responsable.

Par contre, il oublie de mentionner que les principales forces naturelles qui influencent le climat de la Terre, notamment le soleil, les volcans et les courants océaniques, sont en baisse. Le GIEC mentionne dans ses rapports que les températures auraient probablement dû se refroidir depuis les 50 dernières années, en ne tenant compte que de ces forçages naturels. Alors, les scientifiques, qui étudient ces phénomènes, doivent se pencher vers d'autres facteurs pour expliquer la hausse des températures.

C'est ici que le CO2 est devenu le «suspect no 1» comme étant le principal vecteur influençant le climat. Ce n'est pas étonnant, puisque l'effet de serre qu'il crée en raison de l'atmosphère terrestre, est connu depuis fort longtemps par les scientifiques. Bref, M. Tourigny use d'un sophisme bien connu, la suppression de données pertinentes.

Ensuite, reprenant un lexique religieux, voire sectaire, M. Tourigny tente d'amener les lecteurs vers une analogie entre militantisme écologique, croyance et pseudoscience afin de les discréditer. Il prétend que les «écolos [...] imbus d'eux-mêmes possèdent la science infuse et eux seuls peuvent imposer des suggestions».

Pourtant, les organisations écologistes ne sont que les messagers. Ils diffusent ce que la science climatique amasse comme renseignements, données, études, validations et expertises depuis des dizaines d'années. Ai-je besoin de rappeler que 97 % des scientifiques climatiques pensent que le climat se réchauffe de manière anormale et que l'humain en est responsable? Ai-je besoin de rappeler que les températures globales ont augmenté d'au moins 1 °C depuis 100 ans, un phénomène exceptionnel? Bref, M. Tourigny use d'une fausse analogie pour vilipender la science climatique, en s'attaquant aux mouvements écologistes.

Finalement, il est manifeste de constater qu'elles sont les véritables motivations derrière le cri du coeur de ce citoyen de Victoriaville: l'idéologie anti-interventionniste de l'État. Comme l'ont démontré les études psychologiques, au lieu de s'attaquer aux solutions proposées, soit ici les taxes sur le carbone par exemple, les gens s'attaquent à la science derrière les changements climatiques.

D'ailleurs, M. Tourigny s'insurgeait du fait que les solutions proposées par les écologistes consistaient toujours à des «demandes d'argent».

Pourtant, si on s'attarde aux solutions mises de l'avant pour freiner les changements climatiques, les solutions préconisent de retirer l'argent mis dans les énergies tirées du carbone (pétrole et gaz de schiste) pour l'investir dans les énergies renouvelables (solaire et éolien). Autrement dit, le coût est nul.

La Presse, dans un article du 25 mai 2015, évaluait ce montant à 5300 milliards $ par an dans le monde. Milliards, oui. Ce qui n'est pas nul comme coût est bel et bien les dépenses de plus en plus importantes faites par tous les paliers de gouvernement pour réparer les conséquences de ces changements, parlez-en aux compagnies d'assurance.

Benoit Gauthier

Trois-Rivières

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer