Une initiative qui tourne mal

Les maires des municipalités avoisinantes de Shawinigan se... (François Gervais)

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Les maires des municipalités avoisinantes de Shawinigan se sont rencontrés pour discuter des frais liés aux services supramunicipaux.

François Gervais

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Le Nouvelliste

En réaction à la chronique de Guy Veillette du 12 janvier 2016, «Services supralocaux: les maires disent non à Shawinigan».

Lorsque nous travaillons avec d'autres et que les choses ne se passent pas comme nous le souhaitons, nous avons tendance à rechercher des coupables : nous-mêmes, les autres ou les circonstances, le système, les résultats d'une étude, la pluie, le manque d'ensoleillement, etc.

Je vais donc vous raconter une histoire. Vous voudrez bien noter que «les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ne saurait être que fortuite».

Un jour, j'ai lancé une initiative importante qui a échoué. En examinant la situation avec les membres de mon équipe, nous avons réalisé que nous étions passés très rapidement dans l'action. Nous avons établi des échéances et des balises afin de réaliser le projet aussi vite que possible.

Évidemment, nous avons expliqué l'objectif de la démarche et avons aussi prévu des groupes de consultation mais la conversation axée sur la relation n'a pas été menée en profondeur, du moins pas assez pour appuyer un projet d'envergure comme le nôtre.

Lorsque les employés concernés et les parties intéressées nous ont fait part de leurs questions et de certains problèmes, nous leur avons dit de maintenir le cap. Je me rends compte maintenant que nous avons pris leurs observations pour de la dissidence. Nous avons fini par comprendre que ces groupes nous transmettaient des renseignements précieux. Si nous les avions considérés plus tôt, nous aurions pu prévenir assurément des problèmes importants par la suite.

Au début, dans notre enthousiasme pour la nouvelle initiative, nous pensions avoir évalué toutes les possibilités mais une fois la direction choisie, nous n'avons pas souhaité rouvrir la discussion. Plusieurs des parties intéressées n'ont pas participé à ces discussions et n'ont jamais senti que toutes les avenues avaient été suffisamment explorées.

Une fois tracée notre orientation, nous avons affronté les événements comme nous le pouvions. Malheureusement, nous ne nous sommes penchés de nouveau sur les différents scénarios possibles que lorsque toute l'initiative semblait sur le point de dérailler. À ce moment-là, nous étions en mode sauvetage et aucun d'entre nous était satisfait des résultats obtenus. 

Nous avons alors compris que nous n'avions pas assez favorisé la dimension relationnelle du projet.

Texte fortement inspiré de formations en coaching (en incluant l'histoire développée) et d'expériences comme gestionnaire. «Plus souvent qu'autrement, ce qui manque quand les choses ne bougent pas ou ne se passent pas comme prévu, c'est une conversation, a) - axée sur la relation (confiance mutuelle et respect); b) - sur les possibilités (sentiment d'inclusion); c) - sur l'action (faire bouger les choses)».  Fin de l'histoire.

Pour revenir à la problématique de Shawinigan et de ses municipalités voisines, je me questionne si l'offre de médiation ne serait pas venue trop rapidement. Avant de se retrouver en présence d'un médiateur dans un exercice visant le partage des biens, l'idée de sauver d'abord la «famille» avec l'aide d'un spécialiste préconisant une approche systémique des organisations pourrait être évaluée. Dans un autre domaine, nous parlerions alors d'un thérapeute familial...

Michel Patenaude

Trois-Rivières

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