Plusieurs défis attendent nos écoles

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Le projet de loi 86 sur la réforme de la gouvernance scolaire a finalement été déposé à la toute fin de la séance en décembre dernier par le ministre François Blais et une vaste consultation publique dans le cadre d'une commission parlementaire suivra d'ici quelques jours.

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Le Nouvelliste

Le projet de loi 86 sur la réforme de la gouvernance scolaire a finalement été déposé à la toute fin de la séance en décembre dernier par le ministre François Blais et une vaste consultation publique dans le cadre d'une commission parlementaire suivra d'ici quelques jours.

Si vous n'avez pas le temps de lire les 60 pages que compose le projet de Loi, le titre suffit pour comprendre clairement les intentions du gouvernement à l'endroit du modèle choisi pour diriger l'éducation: «Loi modifiant l'organisation et la gouvernance des commissions scolaires en vue de rapprocher l'école des lieux de décision et d'assurer la présence des parents au sein de l'instance décisionnelle de la commission scolaire». Ainsi, du même souffle, le ministre a annoncé la fin des élections scolaires pour faire place, beaucoup de place aux parents. Avec les nouveaux changements proposés, nous allons avoir plusieurs défis à relever collectivement pour s'assurer que cette nouvelle gouvernance gagne en efficacité.

Le premier défi est la responsabilité accrue des parents. Les intentions du ministre à l'égard des parents sont très louables et il est tout à fait normal que les parents participent activement aux décisions qui entourent notre système d'éducation. D'ailleurs, sous le leadership de Claude Lessard à la CS du Chemin-du-Roy depuis 2014, les commissaires parents sont consultés pour toutes les décisions prises au conseil des commissaires même s'ils n'ont pas de droit de vote selon la présente Loi sur l'instruction publique.

Actuellement, dans chacune de nos écoles, un conseil d'établissement composé uniquement de parents et du personnel est élu dans le cadre d'une assemblée générale à chaque année. À quelques exceptions près, le taux de participation des parents dans ces assemblées est anémique, souvent très en bas du taux de participation aux dernières élections scolaires tenues au Québec. Les parents d'aujourd'hui doivent composer avec des horaires très chargés et force est de constater que ce genre de charges publiques n'intéresse pas à priori les parents. Dans le nouveau modèle de gouvernance, comment allons-nous attirer davantage les parents pour prendre part aux décisions?

Les parents sont de toute évidence au coeur de notre système d'éducation, mais ils ne sont pas les seuls. L'autre défi que nous devons adresser est d'impliquer l'ensemble de la population dans notre système d'éducation, surtout les citoyens qui n'ont pas ou plus d'enfants d'âge scolaire. Au Québec, tous les Québécois paient collectivement deux milliards de dollars en taxes scolaires pour financer notre système d'éducation, qu'ils soient locataires, propriétaires avec ou sans enfants. Avec ses imperfections, les élections scolaires avaient au moins le mérite de rappeler à la population que l'éduction est un service public qui bénéficie à toute la population et que chacun des citoyens avait son mot à dire sur son système de gouvernance. Avec les changements proposés par le ministre, comment allons-nous mobiliser l'ensemble de la population «non-parents» sur l'importance de prioriser l'éducation au Québec?

L'autre défi important que présentent les nouveaux changements est la concentration des pouvoirs. Certes, à l'instar du milieu de la santé, le ministre de l'Éducation qui est à Québec augmente son influence sur nos prises de décisions ici en région. Dans le modèle actuel, avec des commissaires élus, il y a une représentation géographique au niveau des commissaires scolaires pour défendre les intérêts des écoles sur l'ensemble du territoire. Dans le nouveau modèle de gouvernance, les villes centre comme Trois-Rivières et Shawinigan gagneront en influence, au détriment des villes plus éloignées comme Louiseville, Sainte-Anne-de-la-Pérade ou encore La Tuque. Nous avons connu dans le passé ici même en Mauricie des écoles de village menacées de fermeture où l'intervention du commissaire scolaire de la circonscription a été déterminante dans le maintien des activités de l'institution d'enseignement. Dans le nouveau modèle de gouvernance, qui va défendre les intérêts de toutes les écoles de quartier sur notre territoire?

Ce sont là des questions que nous devons adresser dans le cadre de cette réforme tant attendue par le milieu de l'éducation au Québec. Saisissons cette opportunité pour assurer le maintien des services de qualité aux élèves et augmenter la réussite scolaire de nos enfants. Faire autrement sera de réduire ce projet de Loi à une simple opération de relation publique.

Patrick Charlebois

Commission scolaire du Chemin-du-Roy

Trois-Rivières

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