Nombreuses inexactitudes

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Le Nouvelliste

Avec respect, Christian Collard a fait l'économie d'une réflexion en profondeur, en écrivant «L'aide médicale à vivre» (Le Nouvelliste, 6 janvier), ce qui a mené à de nombreuses inexactitudes.

Plus de 6000 personnes ont exprimé leur opinion sur l'aide médicale à mourir, à la suite de l'invitation de la Commission Mourir dans la dignité. Libre à lui et à ses proches...

Dre Cicely Saunders - créatrice de l'approche palliative - a écrit en p. 4 de son livre fondateur: «Quelles que soient nos croyances, on ne doit jamais les imposer à quiconque ... compte sur nous» (The Management of Terminal Disease 1978).

Le Dr. E. Cassell -le «père» de la notion de souffrance envahissante qu'on ne sait soulager, écrivait en 2004: «...croire que la souffrance puisse être soulagée dans «virtuellement tous les cas», démontre une ignorance de la souffrance et de ses sources» et «...on devrait honorer la demande d'aide médicale à mourir quand les balises sont respectées» (When Suffering Patients Seek Death».

En 2006, l'éthicien-théologien H. Doucet confirmait: «C'est de la fausse représentation que de croire qu'il est possible de maîtriser toute souffrance» alors qu'en 1993, il avait écrit: «...l'euthanasie volontaire est un geste de grande humanité» (Info-Kara).

Le sociologue et théologien émérite Jacques Grand'Maison écrivit en 2010: «Dans chaque cas, il faut chercher la solution la plus humaine» car «même le caractère sacré de la vie, quand on l'érige en absolu, on peut faire des choses cruelles», déclara-t-il devant la Commission Mourir dans la dignité (Rapport p. 63).

Ces commentaires n'enlèvent rien à l'immense mérite des soins palliatifs, mais ils en reconnaissent les limites.

De plus, le dictionnaire ne permet pas de tuer une personne qui le demande (avec justification) car «tuer» c'est: «ôter la vie avec Violence», dont les 4 premières lettres montrent bien l'absence de consentement.

Or, l'aide médicale à mourir doit être demandée. La Cour suprême du Canada a reconnu - comme les éthiciens et les théologiens bien avant - que «la solution la plus humaine», ne peut être ni immorale ni criminelle.

Enfin, M. Collard n'a pas à s'inquiéter puisque la loi exige que ce soin exceptionnel (n'en déplaise aux porte-parole des soins palliatifs, qui usurpent le droit des patients de définir ce qu'est un soin) doit être prodigué par un médecin, guidé par sa compassion et sa sollicitude, comme le recommande le très grand philosophe français Paul Ricoeur, dans «Soi-même comme un autre».

Marcel Boisvert

Montréal-Nord

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