L'aide médicale à vivre

En investissant dans l'aide à mourir, il y... (La Presse)

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En investissant dans l'aide à mourir, il y aura moins de ressources pour la vie.

La Presse

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Le Nouvelliste

Le ministre de la santé, Gaétan Barrette, dit que la population a été suffisamment consultée pour accepter la loi sur l'aide médicale à mourir. C'est tout à fait faux. Je n'ai jamais été consulté, ni mes parents ni plusieurs de mes amis...

Est-ce que les acteurs politiques de notre société veulent vraiment faire les choses honnêtement et démocratiquement. Si c'est le cas, laissez-moi parler et publiez cet article. Cet article ne sera peut-être même pas publié tellement on a peur que les vraies choses soient dites sur la place publique. 

Je suis infirmier de 30 ans d'expérience. C'est vrai j'en ai connu plusieurs et j'en connais encore plusieurs qui veulent mourir. J'en ai connu aussi qui ont accepté de continuer à vivre et de vivre dans la dignité sans trop souffrir.

Quand j'ai eu à donner des soins palliatifs, j'ai vu très peu de personnes non soulagées par la médication. Les personnes aux prises avec des maladies chroniques ont surtout besoin d'amitié et c'est de l'aide à vivre dont elles ont besoin.

En investissant dans l'aide à mourir, il y aura moins de ressources pour la vie. C'est une question trop importante pour ne pas l'approfondir davantage et tous les membres de la population doivent être consultés. Bien que toute la population ne puisse pas pour l'instant recourir à cette loi, c'est une brèche qui s'ouvre et qui va entrainer d'autres lois en faveur de l'euthanasie. 

Les professionnels de la santé comme moi, qui refuseront de donner l'injection létale en raison de leurs convictions morales, seront une fois de plus rejetés de ce système de santé qui pourtant se vante du principe d'universalité. 

Quand a-t-on vue des théologiens discuter de cette question dans les médias? Comment peut-on dire que notre province est une province démocratique alors? Est-ce que les théologiens et les infirmiers comme moi sont des membres d'un ordre second de la société québécoise?

Celle qui prône l'aide à mourir avec un grand sourire, Véronique Hivon, ose dire que cette loi respecte nos valeurs. C'est tout à fait faux. Une de nos valeurs certaines au Québec est celle de ne pas tuer son prochain. Et ce n'est pas seulement une valeur, mais un commandement de Dieu. Le même Dieu des chrétiens et de plusieurs autres confessions religieuses résidentes au Québec. Le commandement de Dieu dit de ne point tuer. Il ne dit pas de tuer dans telle ou telle occasion.

C'est de l'aide médicale à vivre dont les malades ont besoin. Ils ont aussi besoin de ressources psychologiques, morales, spirituelles et d'une bonne approche palliative pour affronter l'inévitable.

Christian Collard

Shawinigan

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