Une meilleure communication, un voeu pieux?

Le 30 décembre dernier, dans son éditorial, Martin Francoeur  partageait ses... (123RF)

Agrandir

123RF

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Le 30 décembre dernier, dans son éditorial, Martin Francoeur  partageait ses voeux du nouvel an. En bref, il souhaite que nous communiquions mieux, faisant une large part aux échanges se produisant sur les médias sociaux.

Des échanges, c'est vrai, qui sont souvent durs, parfois violents et diffamatoires. Il appelle à une prise de conscience liée à une meilleure communication, à une communication responsable. Et c'est à souhaiter.  Mais est-ce un voeu pieux? Peut-on y arriver? Malheureusement, j'en doute. 

Tout est ici question de perception. Percevoir, c'est interpréter. Les propos de l'un seront interprétés par autant de filtres qu'il y a d'individus. L'être humain est d'abord émotif. Son filtre sera teinté par ses émotions, ses valeurs, son éducation, sa religion et tutti quanti.

L'humain étant complexe, d'autres facteurs interviendront aussi. Comme ses traits de personnalité. Par exemple, et sans surprise, les individus extravertis seraient de plus grands utilisateurs des médias sociaux. Ils sont sociables, ils extériorisent leurs émotions et ils ont moins d'inhibitions que d'autres. Voilà peut-être pourquoi les plateformes sociales comme Facebook et Twitter sont remplies de propos qui peuvent parfois nous paraître exagérés ou dérangeants.

Ceux qui les écrivent s'expriment, c'est la criée du dimanche sur le perron d'église. Ils ont leur auditoire et ont besoin de cette stimulation que leurs propos suscitent. Les partages, les commentaires et les «j'aime» s'offrent alors à eux comme une récompense alimentant la satisfaction. Les introvertis, sociables eux aussi, trouvent leur satisfaction ailleurs.        

Il est donc bien compliqué de se faire comprendre. La distorsion et la confusion sont souvent présentes même si nous faisons des efforts pour être clair. Le «ce n'est pas ce que je voulais dire» est fréquent alors que le filtre de l'autre a perçu les propos à sa manière. Une situation que nous connaissons bien en marketing, des publicités étant parfois reçues de façon totalement différente d'un individu à l'autre. Pourtant, les publicitaires ont fait de gros efforts pour que le message soit le plus clair possible.     

Martin Francoeur a le mérite d'avoir soulevé une question importante. Elle nous fait prendre conscience et c'est ce qu'il faut pour améliorer les choses. Cependant, il faut être réaliste. La perception est un phénomène majeur, bien difficile à maîtriser et à contrôler. Sur ce, souhaitons nous quand même une année 2016 sous le signe d'une communication meilleure en étant conscients de l'impact que peuvent avoir nos propos.            

David Crête

Trois-Rivières

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer