À l'heure de ranger l'agenda 2015

En fin d'année, on ne range pas l'agenda de poche pour prendre le suivant sans,... (123RF/Jordan McCullough)

Agrandir

123RF/Jordan McCullough

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

En fin d'année, on ne range pas l'agenda de poche pour prendre le suivant sans, une dernière fois, y jeter un petit coup d'oeil nostalgique mais également dynamisant. Certes, le temps (cet assassin, pour dire comme Renaud); le temps, dis-je, passe vite mais combien, heureusement, on en a fait, des choses...

En tout cas, la vie «intellectuelle» s'est enrichie. J'ai enfin lu par exemple Paris est une fête d'Hemingway à la suggestion, je crois, de Marie-France Bazzo, invitée à l'émission La bibliothèque de... au canal Savoir. Et puis, la biographie du fameux intendant Bigot, une brique en deux volumes, publiée en 1948, écrite par l'historien Guy Frégault qui avait réalisé là un travail monumental au sujet d'un joli profiteur que l'on suit quasiment au jour le jour dans la colonie. Et puis, une étude approfondie de la vie et de l'oeuvre du réalisateur Stanley Kubrick. Et puis quelques autres auteurs importants comme Pascal Bruckner, Herman Melville (ainsi que son extraordinaire biographie de Lewis Mumford) et Jean Rostand, celui qui, dans Pensées d'un biologiste, nous dit cette chose précieuse: «Il nous faut attendre du hasard qu'il nous procure nos pensées».

Mais dans la vraie vie, ici à Trois-Rivières et la région, mon agenda me rappelle également que je suis souvent sorti de la maison, croyant assurément que le bonheur se situe aussi dans l'existence sociale alors qu'on va à la rencontre de ses «chummés», qu'on croise des connaissances, livrant à tous ses opinions, ses observations, ses souvenirs, ses espérances, ses états d'âme.

2015? J'ai vu deux fois Birdman du cinéaste Alejandro G. Inarritu (où il y a un «âgé» qui déclare tout à coup: «Ma santé dure plus longtemps que mes économies») et Les êtres chers d'Anne Émond qui se termine si bellement en nous faisant croire que les défunts adorés nous accompagnent toujours. Je suis allé applaudir plusieurs fois au Zénob le trio de jazz Nelligan; vu des pièces de Compagnons et du TGP, le show de Pierre Peterson, supporté, lors d'une activité-bénéfice, les amis comédiens passés au feu; couru à notre Biennale d'estampe, admiré beaucoup l'expo de Guy Bailey, monté à Montréal pour être ébloui (c'est le mot) par le Wayne Shorter Quartet lors du Festival de jazz; vu le Cirque du Soleil à notre amphithéâtre...

Il y aussi ce matin de janvier où j'ai dit: «tiens, j'vais ouvrir la radio» et que c'était good bye Charlie. Puis en novembre, Bataclan!

Et il y a ce Facebook très apprécié, nous mettant en lien avec une catégorie (pour ainsi dire...) d'amis qui, autrement, se feraient rares dans le vie de tous les jours; réseau de partage qui, curieusement, remet à la mode l'écrit (gare à celles et ceux qui feraient trop de phôtes...).

Sur une note encore plus personnelle, j'ai reçu ma «visite» de Matane; me suis fait prendre par de gros orages à vélo à deux reprises (ah! Les changements climatiques...); ai travaillé à ce qu'on souligne en 2016 le 40e anniversaire de la publication du roman de Réjean Ducharme, Les enfantômes, que je trouve le plus beau du monde; ai fait découvrir à des gens qui ne l'avait jamais vu le magnifique film City Lighs de Charlie Chaplin et enfin, ai essayé d'écrire un récit qui rendrait indirectement hommage à Patrick Modiano, prix Nobel de littérature 2014, qui a dit: «Le problème, ce n'est pas la nostalgie, ce n'est pas la mémoire. Le problème c'est l'oubli»...

Et maintenant, qu'est-ce qui s'en vient? Se renseigner, se cultiver intensément seront toujours, du moins, très libérateurs.

Et Louis Aragon a écrit: «L'avenir à chaque instant presse le présent d'être un souvenir».

Réjean Martin

Trois-Rivières

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer