Images saintes d'indulgences...

La dernière fois que je suis entré dans... (123RF, Jovannig)

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La dernière fois que je suis entré dans un confessionnal, je devais avoir environ 12 ans. Depuis, je n'ai jamais ressenti le besoin de m'y pointer puisque en pleine Révolution tranquille, l'acte de s'agenouiller dans une petite cabine était déjà révolu.

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Le Nouvelliste

Pour faire suite à la lettre de Jean Panneton «Portes saintes d'antan».

La dernière fois que je suis entré dans un confessionnal, je devais avoir environ 12 ans. Depuis, je n'ai jamais ressenti le besoin de m'y pointer puisque en pleine Révolution tranquille, l'acte de s'agenouiller dans une petite cabine était déjà révolu.

Il y a bien eu dans la vingtaine des moments où j'aurais dû m'y rendre, mais s'il avait fallu que j'aille à la confesse à chaque écart de conduite, ma foi, j'aurais passé trop de temps à l'église et je n'aurais fait qu'à moitié ma vie de garçon.

Aujourd'hui, tout ce paysage a changé et en pure réflexion profonde, je me suis dernièrement et franchement demandé s'il ne serait pas  temps de revenir aux sources et d'aller voir un confesseur.

Mais comme je mettais mon chapeau pour m'y rendre, j'entends à la télé que la commission Charbonneau, qui a coûté 45 millions $, n'a rien à redire de qui que ce soit et que tous ceux qui sont passés devant la juge n'ont rien à se reprocher même si les pires fraudeurs ont défilé devant nous pendant des mois. 

Tenant la poignée de porte déjà entrouverte, je fis un rapide survol et un court bilan de mes péchés qui, comparés à ces types, me sont apparus tout à coup comme étant des plus véniels; ils ne valaient certainement pas la peine de déranger un curé pour si peu.

Pour ce qui est de me présenter devant saint Pierre, comme le mentionnais monsieur Panneton, je n'ai personnellement aucune crainte car dans ma prime jeunesse, je récoltais comme d'autres collectionnaient des timbres ou des cartes de hockey, des indulgences représentées sur une belle image sainte qui lorsque vous faisiez une bonne action vous en donnaient entre deux à trois cent milles du coup.

Le nombre d'indulgences était indiqué au dos de la carte. Comme j'étais le dernier d'une famille nombreuse, tout le monde m'envoyait faire des commissions et me payaient en images saintes d'indulgences. 

Donc, saint Pierre, quand je lui donnerai ma boîte à chaussures remplie d'images, il n'aura d'autre choix que de nous placer, ma famille et moi, ainsi que Brutus mon superbe Bouvier bernois, s'il le veut bien car il n'a jamais mordu personne, de nous mettre, dis-je, en ligne avec ceux qui prétendent  mériter d'être confortablement installés à la droite du Seigneur.

Il est vrai que c'était une belle période quand les églises étaient bondées. Lorsque le curé me donnait comme pénitence la plupart du temps de faire un chemin de croix, au lieu de réciter sur place deux dizaines de chapelet, j'étais des plus heureux car les balustrades de nos bancs d'église n'étant pas rembourrées, elles me faisaient mal aux genoux et, donc, tout sourire, je faisais les stations à l'envers car à chacune d'elles, davantage vivifiante, peu à peu, notre Seigneur prenait du mieux.

Michel Marchand

Bécancour

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