Quebec bashing ordinaire, mais...

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Le Nouvelliste

On pouvait lire récemment dans le courrier des lecteurs du Toronto Star un exemple classique de Quebec bashing.

Après une introduction qui donnait largement dans le pathos et veillait à dépeindre le Québec comme un enfer de l'intolérance, un endroit où l'«islamophobie» avait un caractère «unique» et «inquiétant», les cosignataires reprenaient la logique autrefois défendue par Jan Wong dans le cas du tueur Kimveer Gill: si de jeunes musulmanes quittent le Québec pour rejoindre l'État islamique, c'est à cause de l'intolérance de la société québécoise.

Or, ce qui mérite que l'on parle de cette lettre, c'est que l'un des cosignataires, Hicham Tiflati, était jusqu'à peu chercheur pour le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV), un organisme étrangement fondé et somptuairement doté par l'administration municipale de Montréal. 

Il faut préciser que ce n'était pas la première fois que M. Tiflati plongeait le CPRMV dans la controverse. En effet, ce dernier avait déjà été enseignant dans une école secondaire montréalaise, une école pour jeunes filles, où le hijab est obligatoire, associée aux Frères musulmans.

À l'époque, le directeur du Centre, M. Deparice-Okomba, ne croyait pas que cela posait problème dans le cadre des activités de son organisme. Pas plus qu'une troublante publication de M. Tiflati, une semaine après les attentats de Charlie Hebdo, intitulée Why Charlie Hebdo offends me, dans laquelle il s'indignait qu'on ne condamne que les «crimes being committed by brown people».

Mais la lettre ouverte cosignée par ce dernier dans le Star a apparemment été la goutte de trop, M. Deparice-Okomba trouvant le portrait «inapproprié et exagéré»: «Ce n'est pas vrai de dire que c'est pire ici qu'ailleurs. On a décidé d'un commun accord avec l'employé de mettre un terme à notre collaboration.» Peut-être le directeur avait-il considéré que la stigmatisation de la société québécoise n'était pas un moyen efficace pour prévenir la radicalisation menant à la violence, ici. 

Quoi qu'il en soit, le plus drôle dans cette histoire, ou le plus désolant, est que l'autre signataire de la lettre au Toronto Star, Amarnath Amarasingam, accusait récemment sur son compte Twitter le CPRMV d'avoir «choisi son côté» en renvoyant M. Tiflati et de se trouver ainsi coupable... d'islamophobie!

Simon Couillard

Enseignant en philosophie,

Cégep de Victoriaville, doctorant en études québécoises, UQTR

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