Un gros malentendu

Le maire de Shawinigan, Michel Angers.... (Sylvain Mayer)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Sylvain Mayer

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Le Nouvelliste

Les municipalités, c'est bien connu, manquent de ressources financières. Face à cette dure réalité, la Ville de Shawinigan a diligenté une étude externe portant sur les services supralocaux offerts aux non-résidents.

Par la suite, à la fin d'octobre, en pleine préparation des budgets, le maire a réuni ses homologues pour les informer des taux en vigueur pour les non-résidents à compter du 1er janvier 2016. Perçu par certains maires comme une véritable provocation, cette annonce n'a certainement pas contribué à favoriser le dialogue. C'était à prendre ou à laisser !

En guise de réponses, plusieurs non-résidents ont décidé de ne pas renouveler leur inscription, les commerçants se sont inquiétés et des voix se sont élevées pour dénoncer cette action unilatérale de la Ville ainsi que la démesure des tarifs exigés pour les non-résidents.

Avec le recul, afin d'éviter la répétition d'une telle controverse, qualifiée de fiasco par Ginette Gagnon, tentons d'identifier ce qui n'a pas fonctionné.

Au départ, par respect pour ses homologues des municipalités voisines, n'aurait-il pas été raisonnable que la Ville de Shawinigan les associe au choix de l'expert-conseil, à la définition du mandat ainsi qu'à la présentation des recommandations motivées par le consultant. Questions de vérification, de justification et de considération !

Au lieu d'être à sens unique, cette démarche participative aurait eu plusieurs avantages dont les suivants: les maires auraient eu la conviction que l'étude ne serait ni biaisée ni complaisante et qu'elle répondrait aux critères d'objectivité reconnus. Mais également, le mandat aurait pu être élargi pour traiter de l'évaluation des pertes de revenus éventuels découlant du boycottage par les non-résidents des activités municipales. Ce que d'aucuns qualifient de retombées économiques si souvent évoquées par les élus pour justifier des décisions mais presque jamais validés !

Cette controverse suscite également l'interrogation suivante: est-ce que la Ville a transmis aux maires des municipalités en cause le nombre de non-résidents participant aux activités de la Ville ? Dans la négative, ces élus ont été privés de la possibilité d'évaluer l'impact des nouveaux tarifs sur les citoyens qu'ils représentent sans oublier que ces citoyens auraient pu être préparés au changement.

Quant à la rencontre tenue par le maire avec ses homologues à la fin d'octobre 2015, elle s'apparentait davantage à une confrontation qu'à un dialogue. Un dialogue qui, avec de la bonne volonté, aurait probablement pu se conclure par une entente portant sur la création d'options reposant notamment sur la capacité de payer des municipalités et pourquoi pas sur une application échelonnée dans le temps et sur l'imposition d'une tarification raisonnable.

Mais, pour atteindre cet objectif, n'aurait-il pas fallu un changement d'attitude de la Ville ainsi qu'un climat d'échanges permettant de soulever et de clarifier les zones de mésentente en gardant toujours en mémoire que les municipalités concernées n'avaient pas l'obligation de payer pour les services supralocaux des non-résidents.

Demandons-nous également si un tel traitement avait été imposé au maire de Shawinigan, un maire pugnace et prompt à défendre la Ville, quelle aurait été sa réaction? Certainement, pas différente de celle de ses homologues !

La bonne nouvelle c'est que le conseil municipal a décidé de reporter à juin la mise en application des tarifs reconnaissant par cette décision que les élus avaient agi avec précipitation. Puis, du même souffle, la Ville a demandé la médiation de la CMQ.

Une demande de médiation qui, il faut le rappeler, pour être acceptée doit recevoir le consentement des municipalités en cause. (Art. 23.1 L. CMQ).

Tout cela pour dire que lorsque l'on souhaite réussir un changement, il faut mettre autant de temps pour le préparer que pour le réaliser.

Claude Gélinas

Shawinigan

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