Des énoncés odieux

Les Horizons Ouverts, Autisme Mauricie et le Regroupement des organismes de... (123RF)

Agrandir

123RF

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Les Horizons Ouverts, Autisme Mauricie et le Regroupement des organismes de personnes handicapées de la Mauricie dénoncent vivement la consultation actuellement menée par le Commissaire à la santé et au bien-être portant sur les soins et services couverts par l'État québécois.

Voulant éclairer les décideurs dans leur prise de décisions en faisant ressortir les valeurs et préoccupations des citoyens, nous trouvons odieux le fait que de nombreux énoncés soient libellés en fonction de la capacité financière de l'État. La dignité humaine et le droit de vivre ne peuvent être liés aux actifs financiers d'une société dite inclusive, solidaire, civilisée et riche.

Ces énoncés sous-entendent que les personnes non représentatives de notre société ou celles espérant avoir accès à une légère amélioration de leur condition de vie ne méritent pas d'être soutenues par le gouvernement du Québec.

La logique marchande derrière ces énoncés fait en sorte que ces investissements ne seraient pas rentables pour l'État. À titre d'exemples, voici quelques énoncés tirés du sondage sur les valeurs et priorités des citoyens quant au contenu du panier de services qui heurtent nos convictions: 

«Imaginons un nouveau traitement ciblant des personnes en fin de vie, par exemple celles atteintes de cancer ou de maladies du cerveau dégénératives. Ce traitement allongerait la vie de quelques mois d'après des données scientifiques solides, serait très coûteux et n'aurait que peu d'effet sur la qualité de vie. Avant de rembourser ce traitement, on devrait d'abord s'assurer jusqu'à quel point l'État en aurait pour son argent.» (Question 2, 5e énoncé).

«Imaginons un nouveau traitement qui pourrait diminuer les effets graves d'une maladie qui touche un très petit nombre de personnes.  Le traitement représenterait une avancée importante dans le traitement de cette maladie et serait très coûteux, mais son impact sur la durée de vie serait incertain. On ne devrait pas rembourser ce traitement car on pourrait plutôt financer d'autres services moins coûteux pour traiter plus de personnes.» (Question 3, 2e énoncé).

«Imaginons un nouveau service social destiné aux autistes qui améliorait le fonctionnement et l'intégration sociale des personnes, mais dont les données scientifiques montrent des effets modestes, souvent parce qu'ils sont difficiles à mesurer. On ne devrait pas rembourser ce service parce que les effets sont modestes, même si cela pouvait entraîner une mauvaise utilisation de médicament pour compenser.» (Question 4, 2e énoncé).

Considérant que le Commissaire a pour mission d'apporter un éclairage pertinent au débat public et à la prise de décision gouvernementale dans le but de contribuer à l'amélioration de l'état de santé et de bien-être des Québécoises et des Québécois, nous trouvons inquiétant que de tels énoncés aient été envisagés et puissent éventuellement trouver écho auprès des décideurs.

Maude Paquette Martin

Directrice

Les Horizons Ouverts

Martine Quessy

Directrice

Autisme Mauricie

Steve Leblanc

Directeur, Regroupement des organismes de personnes handicapées de la Mauricie

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer