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De meilleurs choix budgétaires s'imposent de la part de la Ville de Shawinigan 

L'étude de la firme Raymond Chabot Grant Thornton... (Sylvain Mayer)

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L'étude de la firme Raymond Chabot Grant Thornton ne tient aucunement compte des retombées économiques liées à la présence des non-résidents aux activités de loisirs et culture de la ville de Shawinigan.

Sylvain Mayer

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Le Nouvelliste

Ainsi donc le maire de Shawinigan a tranché et accepte unilatéralement de suspendre pour six mois les nouveaux tarifs liés aux services supralocaux offerts aux non-résidents de sa municipalité. Fort bien, j'en prends note. Cependant, je crois qu'il faut replacer la saga des supralocaux dans une autre perspective.

En effet, monsieur Angers a cette fâcheuse habitude d'élaborer ses projets seul, à l'abri de ceux qu'il appelle à la collaboration. Avant la rencontre d'octobre 2015, nous ignorions que monsieur Angers avait fait appel à une firme pour élaborer une étude évaluant le coût des services supralocaux offerts par sa ville.

Ce n'est que le soir du 20 octobre dernier que cette firme présentait les résultats de son étude à des invités dont nous ignorions à l'avance la provenance. Or, le tollé de protestations des neuf maires et de leurs directeurs généraux présents à cette rencontre aurait dû suffire à envoyer un signal clair, tant à la firme Raymond Chabot Grant Thornton qu'à monsieur Angers et ses acolytes, à l'effet que tous, en tant que gestionnaires des municipalités limitrophes concernées, nous rejetions un tel projet. 

Les raisons principales conduisant au rejet de la proposition de monsieur Angers demeurent pourtant évidentes. D'une part, l'étude de la firme Raymond Chabot Grant Thornton ne tient aucunement compte des retombées économiques liées à la présence des non-résidents aux activités de loisirs et culture de la ville de Shawinigan et, d'autre part, l'alternative offerte d'utiliser le principe utilisateur-payeur expose une montée exponentielle des tarifs liés à l'inscription, peu importe l'activité.   

 Aussi, on peut se poser la question à savoir pourquoi les MRC voisines de Mékinac et des Chenaux n'ont pas fait l'objet de consultations à ce sujet? Je vous rappelle que plusieurs municipalités voisines de Shawinigan font partie de ces MRC et profitent elles aussi de services supralocaux. Il semble donc que nous ayons oublié plusieurs intervenants dans cette histoire. Aussi, il est plutôt curieux que les experts de Raymond Chabot Grant Thornton n'en aient pas tenu compte, à moins qu'ils aient reçu instruction d'ignorer certains critères. 

Aujourd'hui confronté, à une exception près, à une évidente rébellion des maires des villes avoisinantes, Michel Angers a l'audace de s'adresser à la Commission municipale du Québec pour trancher une question qui, du point de vue de plusieurs, ne la concerne pas.

En effet, comment la Commission municipale pourrait-elle se pencher sur une entente intermunicipale qui n'existe pas entre les villes avoisinantes et la ville de Shawinigan? Comment diable la Commission municipale pourrait-elle se pencher sur une hypothétique entente? Ce serait l'équivalent de m'adresser aux tribunaux afin de vouloir partager ma tondeuse ou ma souffleuse avec mon voisin.   

Autrement dit, l'offre de monsieur Angers ne concerne nullement la Commission municipale, ni d'ailleurs les députés, le ministère des Affaires municipales ou même l'Assemblée nationale. 

Je retiens donc que le droit de refus de la part d'une municipalité est indissociable de sa légitimité à gouverner et par le fait même de considérer à sa juste valeur toute demande qu'elle reçoit. Qui plus est, dans le cas présent, j'estime que la Ville de Shawinigan n'a pas la légitimité de s'ingérer dans les affaires courantes des municipalités voisines de manière à mettre en péril les efforts budgétaires déjà consentis par ces dernières en période d'austérité. 

Ces mêmes villes voisines n'ont pas à devenir la vache à lait de la Ville de Shawinigan sous prétexte que les coûts liés aux loisirs et à la culture montent en flèche. À cet égard, de meilleurs choix budgétaires s'imposent de la part de la Ville de Shawinigan elle-même et ce n'est pas à vouloir transférer le fardeau à ses voisins qu'elle y gagnera en estime et en retombées positives pour ceux et celles qui voudraient lui rendre visite ou s'y installer. 

J'invite donc le maire de Shawinigan à rassembler plutôt que diviser. En terminant, j'aurai plaisir à lui rappeler cette citation de Montesquieu, extrait de Lettres persanes: «Malheureux le roi qui n'a qu'une tête ». 

Bernard Thompson

maire

Hérouxville 

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