Lutter contre le terrorisme 

La ville de Raqqa, en Syrie, une parmi... (Photo: La Presse)

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La ville de Raqqa, en Syrie, une parmi d'autres à porter les cicatrices de violents bombardements.

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Le Nouvelliste

Le meilleur moyen dont disposent les nations pour combattre efficacement le terrorisme sans engendrer morts, souffrances et désolation au sein des populations civiles réside dans le recours maximum aux mécanismes diplomatiques et aux pressions économiques et politiques.

C'est la conviction profonde que réaffirme le Comité de Solidarité/Trois-Rivières à la suite des horribles attentats commis par le groupe État islamique à Paris et à Beyrouth et par le groupe terroriste Al Mourabitune à Bamako, au Mali. 

Si le terrorisme et la violence aveugle doivent être fermement combattus et qu'il est donc hors de question de rester les bras croisés, encore faut-il user des meilleurs moyens et stratégies pour venir à bout de ces fléaux. Par l'action diplomatique et l'usage de pressions politiques et économiques, le Canada peut y contribuer grandement.

Sur le front diplomatique, le gouvernement du Canada doit promouvoir l'adoption d'une politique d'isolement économique visant à provoquer l'asphyxie du groupe État islamique. Pour ce faire, il doit favoriser la mise en place d'une coalition unique constituée sans condition préalable et regroupant tous les États qui luttent, chacun de leur côté, contre cette organisation terroriste.  Une stratégie concertée visant à bloquer l'approvisionnement en argent et en armes de cette organisation terroriste constitue une étape incontournable.

C'est grâce aux revenus que lui procure l'écoulement sur le marché noir du pétrole produit dans les territoires sous son contrôle que cette organisation est en mesure de s'approvisionner en armes et autres équipements militaires.

Déterminer les canaux commerciaux empruntés et contrecarrer la vente du pétrole en rendant plus étanches les frontières et territoires hors de son contrôle contribueraient à affaiblir cette organisation de façon plus efficace et moins coûteuse en vies humaines que les bombardements de territoires habités.

Le Canada et les pays en lutte contre l'État islamique doivent, à l'instar de l'Allemagne et de la Suède, cesser toute vente d'équipements militaires à l'Arabie saoudite. Le royaume saoudien, révélait en juillet dernier le New York Times, a financé, avec l'argent des pétrodollars, un système visant à promouvoir partout dans le monde une vision rigoriste de l'islam sunnite, contribuant ainsi à exacerber les tensions, notamment en Irak et en Syrie. C'est d'ailleurs de cette vision rigoriste que se réclament aujourd'hui les dirigeants de l'EI pour justifier leurs actes d'une violence sans nom. Le gouvernement du Canada peut poser un geste exemplaire en annulant le contrat de près de 15 milliards $ en équipement militaire conclu entre le gouvernement Harper et le régime saoudien. 

Pour le Comité de Solidarité/Trois-Rivières, une implication militaire étrangère accrue fera plus de mal que de bien. Les frappes aériennes, loin de faire leurs preuves, ont créé le chaos, accru le nombre de morts et blessés au sein des populations civiles et jeté en grand nombre de personnes sur les routes du Moyen-Orient et d'Europe.

Autant de familles entières en quête de refuge et de protection. Ces frappes contribuent également à accroître, dans la foulée des désastres causés, le nombre de combattants de l'organisation État islamique. Par ailleurs, le nombre important de pays impliqués dans ce conflit et les objectifs divergents qu'ils poursuivent, constituent un risque majeur de dérapage incontrôlé, comme on a pu le constater avec le chasseur-bombardier russe abattu par l'aviation turque le 24 novembre. 

L'opposition aux interventions militaires étrangères que réaffirme le Comité de Solidarité/Trois-Rivières est partagée par plusieurs observateurs et experts des affaires internationales.

C'est notamment l'avis de l'ex-ministre des Affaires étrangères et ex-premier ministre de France, Dominique de Villepin, qui, parlant de la France et des puissances occidentales, déclarait au lendemain des attentats de Paris: «Ce n'est pas à nous d'engager le combat avec nos armées là-bas. Cette approche de guerre contre le terrorisme n'est pas la bonne».

Une position qui n'est pas nouvelle chez cet éminent homme politique qui, un an plus tôt, avait affirmé sans ambages : «Tout ce que nous savons de ce type de guerre menée depuis des décennies (...) a conduit à l'échec. Il n'y a pas d'exemple aujourd'hui, Afghanistan, Irak, Libye qui ne conduit pas à davantage de guerre et davantage de chaos ».

En revanche, une action concertée des nations dans les domaines diplomatique, politique et économique peut assurément faire beaucoup pour accroître la sécurité mondiale et améliorer le sort des populations locales. Il faut de toute urgence la mettre en oeuvre et le Canada a une responsabilité à cet égard. 

Jean-Claude Landry

Président

Comité de Solidarité/Trois-Rivières

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