Football: des questions bien légitimes pour l'UQTR !

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Le Nouvelliste

Il fallait bien que la direction de l'UQTR se pose les bonnes questions au regard de la venue d'un programme de football. Qui devra payer les quartiers d'orange que l'on distribue aux joueurs à la demie d'un match? Qui en fera la distribution? Et tout d'un coup, si le prix des oranges s'envolait?

Vous avez compris, notre propos tient de la caricature, mais on en est presque rendu là au sujet du questionnement. L'UQTR voulait un projet clé en main, à coût nul, sans risque et avec pleine garantie, le pactole sur la table s.v.p. avant même de commencer.

Qui peut prétendre répondre à de telles exigences pour n'importe quel projet?

Tout de même, le groupe mené par Jean-Guy Paré avait mobilisé d'anciens footballeurs et des amateurs inconditionnels, une contribution de 10 000 $ par personne. Si vous croyez que ces gens sont tous aujourd'hui indépendants de fortune, détrompez-vous, ce n'est pas le cas.

Et il y avait encore de la place pour des dons de moindre valeur. De plus, un commanditaire principal, dynamique et engagé dans le milieu, s'était manifesté. Un plan d'affaires réaliste, pour ne pas dire conservateur, avait été déposé. Ces faits sont connus. Que vouliez-vous de plus?

«La mission de l'université, c'est l'enseignement et la recherche.» Que répondre à ce commentaire réducteur venant de celui qui se prend aujourd'hui pour le recteur par intérim? Comme si une équipe de football ne pouvait participer à cette mission en injectant dans le milieu un sentiment de fierté, d'appartenance et de dépassement de soi.

Ce serait tout aussi réducteur et injuste de conseiller à ce président de syndicat de verser moins dans le corporatisme et de se concentrer un peu plus sur sa recherche et son enseignement. Au passage, nous n'avons pu que trouver grotesque son commentaire voulant qu'il n'ait pas pris connaissance du plan d'affaires.

Nous avons suivi de près le football universitaire depuis 8 ans. Nous avons vu des recteurs, des directeurs d'écoles prestigieuses comme H.E.C., Polytechnique se prêter admirablement au jeu. Qui sont-ils? Des naïfs, des benêts en mal d'excitation sportive? Répondez à notre place. Neuf des dix meilleures universités au Canada possèdent un programme de football et McGill, malgré ses succès mitigés des dernières années, n'envisage pas de jeter l'éponge bientôt. Et pour la grande Histoire du football, sachez que le berceau de ce sport aux États-Unis est du côté de Harvard, Yale, Columbia et Princeton.

En terminant, nous maintenons que l'UQTR vient de prendre une mauvaise décision, comme à pareille date, elle en avait pris une en 1979 en mettant fin au programme de football. Cependant, on ne pourra lui enfoncer le projet dans la gorge. Il faut que de l'intérieur, elle assume une certaine direction. Il faut qu'elle soit partie prenante, qu'elle accepte de courir le risque et consacre quelques ressources à ce programme. Bref, il faut qu'elle aime un peu le football.

L'argument des compressions budgétaires ne peut seul contrecarrer cette initiative. Cela fait bien 40 ans qu'on navigue sous ce régime au Québec. Malgré tout, d'autres établissements collégiaux et universitaires ont développé des programmes de football. Pour le reste, les nouvelles macroéconomiques au Québec et au Canada ne sont pas si mauvaises à court et moyen terme.

Nous aimons cette Université et nous en sommes fiers. Sans y avoir détenu des postes de prestige, nous y avons étudié, enseigné et fait de la recherche. Nous l'avons représentée en tant qu'étudiant-athlète. Nous l'avons dans la peau autant que bien d'autres. Pour le moment, nous peinons à la reconnaître et nous la sentons bien éloignée.

Toutefois, nous savons que l'UQTR compte parmi ses rangs des gens qui ont toujours su faire preuve de sensibilité et de respect à l'égard  de la communauté qui a fait naître l'Institution, des gens qui témoignent aussi de reconnaissance envers les diplômés. Nous souhaitons simplement que dans le présent dossier, ils se manifestent enfin.

Nous sommes de la Mauricie, nous sommes de Trois-Rivières, nous sommes de l'UQTR.

Pierre Richard

Michel Trépanier

Pierre Poirier

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