Parlons de solidarité sociale

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Je m'interroge actuellement sur certaines décisions qui ont été prises dernièrement par notre gouvernement concernant entre autres, les mesures plus restrictives pour les jeunes assistés sociaux ainsi que les coupes dans le logement social et communautaire et prochainement dans les CPE.

Le Droit

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Le Nouvelliste

Je m'interroge actuellement sur certaines décisions qui ont été prises dernièrement par notre gouvernement concernant entre autres, les mesures plus restrictives pour les jeunes assistés sociaux ainsi que les coupes dans le logement social et communautaire et prochainement dans les CPE.

Même si je suis maintenant à la retraite, ce sont sans doute mes expériences d'emploi en travail social et en enseignement qui apportent leur lot d'interrogations. Au cours de ma pratique professionnelle, j'ai été à même de constater, à maintes et maintes reprises, l'impact positif des mesures sociales chez les personnes en difficulté.

Quand, d'autre part, j'entends que l'État vole au secours de Bombardier et qu'il y a un dépassement budgétaire d'un demi-milliard $ en fonds publics concernant la rémunération des médecins, je finis par me demander comment ce gouvernement  administre les différents revenus qu'il perçoit.

Une brève recherche m'indique que depuis un bon nombre d'années, avec les baisses d'impôts successives pour les particuliers et encore plus significatives pour les entreprises, l'État s'est privé de plusieurs milliards de dollars en revenus et a diminué le nombre de paliers d'imposition, passant de 16 niveaux avant 1988 aux quatre niveaux actuels, ce qui a eu pour conséquence d'avantager les plus riches.

Si nos ancêtres ont lutté si fort pour que le Québec se dote de programmes sociaux, c'est qu'ils ont vu et connu comment le chômage, la maladie ou un accident de travail, par exemple, pouvaient faire basculer les gens dans la misère. Les gens avant nous ont donc réclamé que l'État québécois se dote de son propre modèle de solidarité sociale en percevant des revenus pour financer les différents programmes et mesures sociales. On passait ainsi, d'un modèle de charité individuelle à celui de la solidarité sociale. Sommes-nous actuellement en train de briser ce modèle? 

À l'heure où au Québec plus de 400 000 personnes ont recours à chaque mois aux banques alimentaires, je pense qu'il serait temps que notre gouvernement donne un sérieux coup de barre pour supporter les individus qui nécessitent de l'aide et réaffirme son soutien à la solidarité sociale.

On nous martèle depuis déjà trop longtemps que les impôts constituent un lourd «fardeau» fiscal au Québec alors qu'ils constituent un outil privilégié pour mieux redistribuer la richesse. Nous sommes une société qui a déjà eu pour valeurs la solidarité et la justice sociale et qui a fait des choix en conséquence. Nous ne sommes pas les seuls. D'autres, comme les pays scandinaves, ont fait des choix semblables et ils s'en tirent plutôt bien au plan économique. La solidarité est donc parfaitement compatible avec le développement économique. Pourquoi cherche-t-on toujours à nous opposer les deux aspects?  

Quant à moi, je suis d'accord avec les valeurs de justice et de solidarité sociale et je suis donc d'accord pour payer des impôts comme outil de solidarité sociale, à condition bien sûr qu'une fiscalité rigoureuse et équitable tienne compte des revenus de chacun et serve au bien commun... ce qui ne semble pas la priorité de notre gouvernement actuel.

Sylvie Poisson

Trois-Rivières

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