Le défi de la faim passe par une fiscalité plus juste

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Les banques alimentaires annoncent une hausse continue de leur clientèle.

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Le Nouvelliste

Alors qu'en cette fin d'année les banques canadiennes annoncent, une fois de plus, une hausse remarquable de leurs profits (10 milliards au cours du dernier trimestre pour la seule Royal Bank), d'autres banques, alimentaires celles-là, annoncent une hausse continue de leur clientèle.

Les actionnaires des premières se partageront de lucratifs dividendes, pendant que les bénéficiaires des secondes pourront, s'ils en ont la chance, partager avec les leurs un des paniers de Noël distribués grâce à la générosité de leurs concitoyens.La période des Fêtes vient chaque année nous rappeler le paradoxe de notre société où perdure la cohabitation de l'extrême richesse et de l'extrême pauvreté, où on sable le champagne dans certains salons pendant qu'ailleurs on se voit obligé de cadenasser le frigidaire pour éviter la panne alimentaire. Dans un rapport publié à la mi-août 2014, l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) indiquait que 8,1 % des ménages québécois (soit un peu plus de 250 000) avaient connu une situation d'insécurité alimentaire en 2011-2012. Cela revient à dire que près de une personne sur 12 ne peut, au Québec, se nourrir décemment pour des causes principalement économiques. En Mauricie et Centre- du-Québec, c'était le cas de plus de un ménage sur dix.Or, selon le Bilan-Faim 2015 divulgué récemment par les banques alimentaires du Québec, la situation s'est aggravée en 2015. Au cours de la dernière année, le nombre de personnes différentes ayant recours à l'aide alimentaire a augmenté de 4 % pour atteindre 163 152 utilisateurs. De ce nombre, 36 % sont des enfants et 10,5 % des salariés. Si les banques à charte accumulent allègrement les profits, les banques alimentaires accumulent, elles, les difficultés, que ce soit pour s'approvisionner en nourriture ou pour recruter des bénévoles. Si le choix du gouvernement Couillard d'imposer l'austérité, au lieu de taxer la richesse, fait la vie belle aux banques à charte qui continueront d'engranger des profits records, ce choix complique grandement la vie les banques alimentaires aux prises avec un achalandage en constante augmentation. Nous avons pourtant les moyens de faire d'autres choix. Certaines mesures fiscales comme le rétablissement de la taxe sur le capital pour toutes les entreprises financières (600 millions $/an) et l'abolition du crédit d'impôt sur les gains en capital pour les particuliers (739 millions $/an) permettraient de regarnir les coffres de l'État québécois. Deux mesures, parmi d'autres, qui permettraient de mieux équilibrer l'effort fiscal entre les mieux nantis et la classe moyenne, mais que le gouvernement se refuse à considérer.En décembre 2002, l'Assemblée nationale du Québec adoptait à l'unanimité la loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale. Treize ans plus tard, des personnes assistées sociales, des personnes âgées, des bas salariés, des jeunes enfants doivent réclamer un panier de provisions et s'en remettre aux dons pour s'alimenter et joindre les deux bouts. Faut-il rappeler à notre ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale et à son premier ministre que les députés du Parti libéral avaient appuyé cette loi, eux qui se proposent, par leur projet de refonte de l'aide sociale, d'appauvrir encore davantage les plus démunis?La générosité et la solidarité que démontrent les Québécois et Québécoises à l'égard des personnes et familles moins nanties sont exemplaires et, dans les conditions actuelles, tristement nécessaires. Mais il faut bien reconnaître que le moyen le plus efficace pour mettre fin à la faim et combattre efficacement la pauvreté réside dans la mise en place de politiques publiques généreuses que seule permet une fiscalité favorisant une redistribution plus équitable de la richesse.

France Cormier

Coporte-parole Québec solidaire Mauricie

Saint-Boniface

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