Quelle occasion manquée!

On ne verra pas de sitôt à Trois-Rivières... (Photo: La Presse)

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On ne verra pas de sitôt à Trois-Rivières du football universitaire.

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Le Nouvelliste

Pourquoi l'UQTR se désiste-t-elle d'un projet porteur comme le retour du football universitaire?

En mai 2015, la vérificatrice générale a mis en cause la haute direction de l'UQTR pour sa gestion déficiente. La vérificatrice a même parlé d'une «réorganisation organisationnelle chaotique, sans vision d'ensemble.» On pourrait affirmer sans vraiment se tromper que la direction de l'UQTR ne sait pas vraiment où elle va. N'est-ce pas ces mêmes administrateurs qui ont créé un déficit de 10,4 millions $?

En avril 2015, le directeur du Service de l'activité sportive de l'UQTR, André-François Lafond, principal promoteur du projet visant à ramener une équipe de football sur le campus trifluvien, démissionne. Monsieur Lafond militait pour le retour des équipes de football masculin et de basketball féminin. C'était logique, nous avons dans la région, au niveau scolaire et collégial, des équipes de football et de basket-ball de très haut niveau. Il est normal que l'UQTR poursuive le développement de ces étudiants-athlètes dans notre région.

Monsieur Lafond voulait aussi instaurer une meilleure stratégie de communication afin d'accentuer la popularité des Patriotes, mais il s'est heurté au refus de certains employés et membres de la direction. Déçu du manque d'appuis de ses pairs, il ne s'est même pas présenté au gala du Mérite sportif de l'UQTR cette année.

On connaît la suite; les ronds-de-cuir de l'UQTR ont fait traîner le dossier sans raison en sachant que, fidèles à leurs habitudes, ils n'auraient jamais le courage d'agir.

Ensuite, le président du Syndicat des professeurs de l'UQTR, Ismaïl Biskri, s'en est mêlé en défendant «ses membres» contre ce projet inutile en ces temps de compressions budgétaires. Il ne croit pas que le projet puisse faire ses frais. Lorsqu'on lui demande s'il a étudié la proposition des hommes d'affaires trifluviens, il nous répond candidement que non. Selon lui, la mission de l'UQTR c'est l'enseignement et la recherche. Si c'est effectivement le cas, monsieur Biskri, est-ce que l'ajout de 80 nouveaux étudiants à l'université aurait été un apport intéressant pour vos membres? Il répond à cela que s'il y a création de programmes universitaires et d'embauches de professeurs, on ne peut pas être contre. Sérieusement? Voilà un autre exemple du genre de personnes autorité à l'UQTR...

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l'UQTR se targue d'avoir un programme d'excellence sportive qui permet aux étudiants-athlètes d'exploiter leurs qualités athlétiques tout en contribuant à diffuser l'image de l'UQTR au Québec et au Canada.

En mars 2003, Daniel McMahon (vice-recteur à l'Administration et aux Finances) soutient «qu'il serait souhaitable que d'autres universités québécoises emboîtent le pas à l'UQTR et retournent au sport d'excellence qu'est le hockey sur glace, tout comme elles le font par exemple pour le football.» Et si l'UQTR faisait la même chose avec le football? Le football universitaire n'est-il pas le sport universitaire le plus populaire et le plus lucratif au Québec?

Du même souffle, monsieur McMahon nous informe que, depuis 1969, l'UQTR soutient financièrement les équipes sportives intégrées à son programme d'excellence et elle entend se donner les moyens de répondre à cet engagement en s'assurant la contribution de représentants de la communauté régionale. Le football universitaire est le seul projet sur la table actuellement où l'UQTR aurait un partenariat avec des hommes d'affaires trifluviens regroupés en OSBL. C'est un partenariat pratiquement sans aucune implication financière de l'institution.

Quand on demande à monsieur McMahon son avis en tant que futur recteur de l'UQTR sur le projet de retour du football universitaire dans notre ville, il répond: «Si l'on sert un club de football totalement autofinancé, tu peux être sûr que je vais embarquer à pieds joints parce que c'est un outil de promotion qui est intéressant pour l'Université.» Eh bien, monsieur McMahon, vous étiez où quand il était important de se positionner clairement face à cet enjeu, cette semaine? Probablement à ne pas vouloir vous prononcer pour ne pas nuire à votre candidature de futur recteur. Nous avons là un autre bel exemple de petite politique.

Voilà pourquoi des hommes d'affaires de bonne foi ont travaillé dans le vide. Voilà pourquoi la planète football de la Mauricie s'est emballée pour rien. Voilà pourquoi il n'y aura jamais de retour du football à l'UQTR. Parce que les personnes en place, ayant le pouvoir de décision, sont de simples ronds-de-cuir sans aucun courage et sans aucune vision.

Claude Trudel

Patriotes UQTR Football 1977

Trois-Rivières

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