Le je-m'en-foutisme du préfet

L'auteur, Denis Frappier... (Stéphane Lessard)

Agrandir

L'auteur, Denis Frappier

Stéphane Lessard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Le 11 novembre dernier, pour une première fois depuis que j'ai été élu conseiller municipal à Saint-Justin, je me présente à une réunion publique du conseil des maires de la MRC de Maskinongé. Puisque le maire de Saint-Justin avait fait une sortie publique sur la mauvaise qualité du service Internet dont souffre notre municipalité, et que cela fut publié à la première page de l'hebdo local, j'avais une question à poser au préfet à ce sujet.

En fait, dans notre municipalité, des démarches concluantes ont été effectuées auprès de divers fournisseurs Internet. Je voulais donc m'assurer de la collaboration de la MRC dans ce dossier. Par ailleurs, la sortie publique du maire Gauthier dans le journal n'avait pas été préalablement entérinée par le conseil municipal de Saint-Justin. Force de rappeler ici, surtout aux journalistes, qu'une motion de non-confiance envers le maire Jean-Claude Gauthier a été appuyée par cinq conseillers en août 2014. Aucun de ces derniers n'a encore renié ce désaveu.

Avant la réunion à la MRC, j'ai eu l'occasion d'échanger avec des citoyens qui s'opposent au projet de l'oléoduc de TransCanada. Ils sont impliqués, maîtrisent leur dossier et disposent d'arguments valides.

Avant de m'adresser au préfet, j'ai donc attendu qu'ils présentent leurs questions. Elles étaient posées sans animosité et appuyées par le dépôt d'une pétition de plus de 1000 noms. Mais voilà qu'après seulement 10 minutes, le préfet a mis fin abruptement à la période de questions en coupant la parole à un citoyen et en lui disant: «Je m'en fous...»

Je ne pouvais donc pas poser ma question concernant le travail du comité des maires qui traite le dossier Internet dans la MRC. Question légitime, car le maire Gauthier prétend qu'il ignore ce qui se passe concernant ce dossier. Selon lui, les maires de ce comité agissent dans le secret.

Après cette réunion, un collègue conseiller a donc contacté l'un des maires dudit comité et, lui, il a pu obtenir réponses à nos questions et nous assurer que nos démarches municipales ne s'opposent pas à celles de la MRC.

Lors de cette soirée, ce que j'ai trouvé le plus dérangeant, ce n'est pas le «je m'en foutisme» du préfet ni que la motion de non-confiance envers le maire de Saint-Justin soit plus justifiée que jamais; le plus dérangeant c'est qu'au mois d'août le conseil des maires a adopté à l'unanimité une résolution en faveur du passage de l'oléoduc dans notre MRC. Or, ce projet d'oléoduc reflète un impact social très important. Le premier rôle d'un maire est de représenter son conseil municipal. Les maires, avant de se prononcer en faveur du passage de l'oléoduc, avaient-ils tous en main une résolution de leur conseil municipal respectif pour justifier leur vote? Là est la question. Et le «je m'en foutisme» n'a pas sa place dans la réponse.

Denis Frappier

conseiller municipal, Saint-Justin

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer