Tendre une main ferme

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Il faut se rappeler que les ressortissants syriens qu'on s'apprête à accueillir sont des victimes.

La Presse

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Le Nouvelliste

Les attentats de Paris du 13 novembre relèvent de la barbarie.  Pour une deuxième fois en moins d'un an, le coeur de la République s'est arrêté de battre à l'unisson des valeurs de fraternité, d'égalité et de liberté. Ces actes perpétrés par de jeunes djihadistes embrigadés par l'idéologie de l'épuration s'inscrivent dans une stratégie de terreur orchestrée par l'État islamique.

La guerre que mène l'islam radical se déploie sur le territoire de l'âme des sociétés démocratiques occidentales, frappant les innocents comme on bâtit la méfiance et détruit les bases du vivre ensemble. Pour l'essentiel, le message est clair: le terrain fertile au combat se déplace en zones inattendues. Là s'énonce avec force la tactique de guerre.

Savoir frapper sournoisement de l'intérieur rend l'identification de l'ennemi traditionnel plus difficile. La recherche de «l'autre parmi nous» confère un avantage stratégique à l'ennemi. Nul n'est à l'abri, aucun lieu n'est apparemment plus sécuritaire. Devant cette réalité, c'est armé de notre courage que nous devons nous liguer.

Ces gestes sont condamnables et commandent un resserrement des solidarités internationales. Il faut rassembler toutes les forces vives actives dans tous nos milieux pour s'élever contre la mise à mal des valeurs humaines fondamentales. En conséquence, toutes les contributions individuelles doivent converger. On combat un front idéologique par la solidarité; on soulage la peine indescriptible par l'accueil, l'empathie et l'ouverture à toutes les victimes collatérales.

Pour ce faire, plusieurs pièges doivent être évités. Au premier chef, il faut absolument contrer la dérive dangereuse des amalgames. Si les assassins sont musulmans, tous les musulmans ne sont pas assassins. L'ostracisme ne doit pas donner raison à l'ennemi. Il faut rapidement mobiliser toutes les communautés musulmanes qui n'adhèrent pas aux diktats de Daech pour solidariser la paix et vaincre la haine. Il faut que nos amis musulmans s'alimentent à la puissance de leur foi légitime pour dénoncer sans équivoque les actes faussement commis en leur nom. Notre seule option réside dans la multiplication des voix.

Enfin, la communauté internationale doit saisir l'occasion de légitimer son existence réelle par la convergence des forces politiques, économiques et militaires au service des valeurs portées par l'humanisme. Le conflit qui s'envenime est d'une complexité sans précédent. Nous devons, pour y voir clair, conjuguer nos efforts, multiplier nos actions communes et claironner sur toutes les tribunes que l'humanité n'a de sens que dans le respect mutuel, l'ouverture et la responsabilité démocratique. 

 Il faut revendiquer sans relâche que ces valeurs ne sont pas négociables, sans confondre la fin et les moyens. À ce titre, les communautés qui sont appelées à accueillir les ressortissants syriens, doivent tendre une main sincère, mais ferme, en reconnaissant que ceux-ci demeurent les premières innocentes victimes de ce système de terreur.  

Yvon Laplante, Ph.D.

Professeur

Département de Lettres et communication sociale

UQTR

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