Les théoriciens de l'absurde

On nous a raconté que nous avions perdu... (PhotosIn)

Agrandir

On nous a raconté que nous avions perdu la bataille des plaines d'Abraham. Mais grands dieux, nous n'avons même pas combattu. C'était des régiments français qui se battaient contre les britanniques. Nous n'étions même pas là.

PhotosIn

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Le nationalisme mène à tout. À la bêtise, à la crédulité et même au pouvoir. Il a provoqué tous les excès dans le monde peu importe sa connotation laïque ou religieuse. Il porte en lui la cause et le principe de la division et est un obstacle de taille à l'émergence d'une véritable conscience planétaire sans laquelle nous n'aurons pas d'avenir. Il est d'abord une émotion qui ferme la porte à la raison.

Au Québec, notre nationalisme est en grande partie fondé sur le mensonge, la hâblerie, la condamnation sommaire de ceux qui ne font pas partie de l'équipe et la moquerie pour tenir lieu d'argument péremptoire.

On nous a raconté que nous avions perdu la bataille des plaines d'Abraham. Mais grands dieux, nous n'avons même pas combattu. C'était des régiments français qui se battaient contre les britanniques. Nous n'étions même pas là.

Mais la fumisterie la plus subliminale concerne la fête des «patriotes». Auparavant, nous fêtions Dollar Désormeaux. Pour faire une place aux supposés patriotes, on a décrété qu'il était un bandit. Mais qui sont ces «patriotes» et que combattaient-ils? Tout d'abord leurs actions n'avaient rien de patriotique. Tant au Québec qu'en Ontario, ils voulaient démocratiser l'économie et la politique qui étaient contrôlées par un groupe restreint dans chaque province. Qui étaient-ils?

Un certain Mackenzie au Haut-Canada et surtout des anglophones au Bas-Canada, c'est-à-dire au Québec. Il y avait Louis-Joseph Papineau, mais il s'est enfui aux États-Unis lorsque ça chauffait. Les vrais leaders des «patriotes» étaient Bailey O'Callaghan, Storrow Brown, Robert et Wolfred Nelson. À cette époque, les Canadiens anglais ne se gênaient pas pour attaquer les Britanniques.

Comme on le voit, on s'éloigne des carabistouilles et des mythes ténébreux de nos nationalistes québécois, y compris la SSJB. En résumé, les supposés patriotes étaient dirigés par des anglophones mais il ne faut pas l'ébruiter de peur que notre mythologie ne s'écroule. Devinez qui a écrit la première déclaration d'indépendance du Québec? Un Canadien anglais nommé Robert Nelson.

Enfin, je lisais récemment dans Le Nouvelliste les éructations mal digérées d'un quidam de l'UQTR. J'ai rarement vu quelqu'un vomir avec autant de hargne sur son pays. Montesquieu a écrit une phrase d'une grande sagesse à l'adresse de ce genre d'individu: «Les paysans ne sont pas assez instruits pour raisonner de travers», comme quoi l'absurdité, le nationalisme et la bêtise mènent à tout, même à l'université.

Serge Gagnon

Louiseville

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer