Des actions à vendre

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Un dôme représentant la Terre a été installé au ministère français de l'Écologie, en prévision de la conférence de Paris

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Le Nouvelliste

La conférence de Paris sur le climat démarrera le 30 novembre prochain et même s'il est probable que les engagements ne seront pas coercitifs, elle créera un mouvement irréversible pour sauver la planète des perturbations de plus en plus catastrophiques auxquelles nous assistons déjà.

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Pierre-André Julien

Stéphane Lessard

Surtout qu'un mouvement parallèle se met en place et s'accélère, soit le désinvestissement ou la vente des actions des entreprises à l'origine des principales sources de pollution et du réchauffement climatique. Ce mouvement est en partie dirigé par la coalition Divest-Invest de New York qui a réussi en 2014 à ce que 430 institutions et plus de 2000 gros investisseurs américains, représentant 2600 milliards $ d'actifs, vendent leurs actions qu'ils possédaient dans ces secteurs. 

Les compagnies polluantes répètent que cela ne les dérange pas. Mais elles oublient l'histoire qui a déjà montré qu'un tel mouvement peut être très efficace, comme ce fut le cas dans les années 1960 avec l'abolition de la politique d'apartheid en Afrique du Sud.

Il est vrai que l'apartheid était de plus en plus décrié sur le plan international et avait entraîné un boycottage international du pays. Mais, en sous-main, de nombreux gouvernements continuaient de soutenir le régime. Toutefois, dans les années 1980, le mouvement de désinvestissement s'est accéléré faisant en sorte que la plus importante compagnie sud-africaine, les diamants De Beers, a pris peur pour finalement forcer, en 1991, le président Frédérik de Klerc à libérer Nelson Mandela et à entamer les pourparlers pour remettre le pouvoir aux Noirs avec l'élection de ce dernier en 1994. 

Dans le cas du pétrole, du gaz de schiste et de la chimie sale, le mouvement de désinvestissements fera la même chose si tous s'y mettent, même si des Harper et des Tea Party de ce monde ne veulent rien savoir au nom d'une idéologie créationniste et parascientifique.  

Bref, si vous avez des actions de ces entreprises, elles ne vaudront plus rien dans quelques années. De même, le projet d'oléoduc de l'Est cher à Couillard, Coiteux et Heurtel sera désuet dans moins de 15 ans; malheureusement, sans avoir causé un grand nombre de déversements et pollué des centaines de prises d'eau et des milliers de nappes phréatiques. En d'autres mots, si vous ne vendez pas rapidement, vos actions ne vaudront plus rien. Alors, agissez pendant qu'il est encore temps.

Pierre-André Julien

économiste

Bécancour

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