Paul à Québec... ou Paul de partout

Paul à Québec de François Bouvier... (Remstar)

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Paul à Québec de François Bouvier

Remstar

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Le Nouvelliste

J'arrive de ce film absolument bouleversant de tendresse et de chaleur humaine. La vie dans la mort, certes, mais surtout la vie dans l'amour.

Que de vérités sur les joues rondes d'une petite Rose qui témoigne du vrai, de la spontanéité et «des étoiles mystérieuses.» Cette enfant porte en son regard un monde qu'elle découvre et nous fait redécouvrir : celui des grands, de leur finitude et de la brillante force de résilience. Paul à Québec devient alors cet humain universel et nous englobe tous. Il s'agit d'un miroir où l'attachement dépasse la notion de «survie».

Ce film culte traite aussi de la dignité humaine, celle d'un homme qui se meurt et de l'acceptation de son désir d'obtenir non pas des soins de fin de vie, mais des soins de vie. Car d'une part, l'amour et le respect des dernières volontés font partie intégrante du verbe mourir, mais d'autre part, ce verbe s'avère le plus important et le plus souffrant de tous les verbes d'action. Mourir n'est pas un état, c'est un passage et l'agir le plus terrifiant de notre vie... Dès la naissance, nous sommes condamnés.

Ce film nous le rappelle, mais il nous dit également la puissance du lien, celui de la famille. Or, on voit bien, ici, que qui n'a plus de famille est déjà, d'une façon certaine, mort en lui comme en eux...

On ne peut non plus faire abstraction de la musique qui baigne presque toute l'histoire. Jamais elle ne dérange. Au contraire, elle lie aux moments les plus durs, dans la colère toute légitime du mourant, tout comme dans celle de ses souvenirs horrifiants. En effet, l'enfance du protagoniste a été avortée par un père lapidaire... et pourtant, Paul à Québec s'appuie sur l'amour et la continuité. Il est photographie d'un instant précieux et privilégié. Non, ce film-choc ne choque jamais. Ce cheminement tendre et dur ne blesse jamais.

Et enfin, que dire de ce crayon-lien qui voit et laisse sa trace dans la réalité qu'il se contente de dessiner objectivement? Le dessin qui naît sous nos yeux nous rappelle que nous sommes éphémères et que ce que nous créons nous subsistera, afin que, seuls ou accompagnés, nous devenions nous-mêmes des Paul de partout.

Christiane Asselin

Trois-Rivières

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