Ils doivent tenir leur bout

Le gouvernement doit se mettre en mode écoute... (François Gervais)

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Le gouvernement doit se mettre en mode écoute des employés de l'État.

François Gervais

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Le Nouvelliste

Le Québec vit actuellement une série de grèves tournantes dans la fonction publique. Le gouvernement, pour sa part, s'entête en utilisant la technique Harperienne: aucune écoute et une obstination délirante.

Il se prépare d'ailleurs à voter une loi spéciale afin de forcer la fin des grèves. Que se passerait-il si, tout à coup, les employés du gouvernement décidaient en bloc de remettre leur démission?

Plus de profs dans les écoles, plus d'infirmières dans les hôpitaux, plus d'employés dans les bureaux... Là, ce serait la panique au Parlement. Comment réagirait-il?

Connaissant la technique Coiteux, la première réaction du gouvernement serait, évidemment, de blâmer son personnel et de l'accuser de nuire au peuple en essayant de monter la population contre lui. Puis, ce serait les menaces de pénalités. Mais quelles seraient réellement les valeurs de ces menaces, étant donné que ces gens auraient tout simplement démissionné de leurs postes?

Le ministre les menacerait, entre autres, de leur perte d'ancienneté, si jamais, il y avait retour au travail. C'est là que le syndicat pourrait exiger un retour à la table des négociations car il détiendrait enfin une arme de poids et irréfutable. Tout en négociant leurs demandes initiales, il pourrait exiger que s'il y a retour au travail, tous les acquis, tels que l'ancienneté, seraient strictement respectés.

Probablement que la crise créée ferait en sorte que le débat ne durerait pas plus de 24 heures. Inévitablement, ce pourrait être la chute du parti au pouvoir. Il est inconcevable qu'un gouvernement, même majoritaire, puisse se permettre d'ignorer la voix du peuple. Après tout, nous sommes dans une vraie démocratie et non en Arabie saoudite.

Est-ce une utopie de penser que tous les syndiqués de la fonction publique pourraient se donner la main pour démissionner en bloc? Qu'adviendrait-il alors du gouvernement en place? Lorsque le pouvoir répond qu'il n'a pas d'argent pour accéder aux demandes des syndicats, comment se fait-il qu'il ait pourtant si rapidement trouvé les millions pour s'entendre avec les médecins et particulièrement les médecins spécialistes? Ces derniers n'étaient pas dans la dèche, me semble-t-il. Nos professeurs, nos éducateurs spécialisés, nos infirmières et préposées seraient-ils moins compétents que nos médecins?

Peut-on seulement penser qu'au Québec tous les employés du secteur public puissent être capables de surmonter leurs peurs et de se donner la main pour vraiment tenir tête au gouvernement? Il y a une chose que nos élus ne devraient jamais oublier c'est que lorsque le peuple atteint le niveau du «plus rien à perdre», leur propre gouvernance est alors en danger.

Rappelons-nous seulement de ce qui est arrivé en 2012 lorsque les étudiants ont décidé de se tenir ensemble et de tenir tête au gouvernement. Ils ont gagné. Le gouvernement a dû partir en élection et Charest a dû quitter la politique. Il est quand même surprenant que la veille des élections provinciales, tout était au beau fixe alors que, dès le lendemain, nous étions dans la nécessité d'un programme d'austérité. Si les libéraux n'avaient rien vu venir avant, on pourrait se demander ce qu'ils faisaient alors dans l'opposition. Donc, qu'arriverait-il si...?

Thierry Évrard

Trois-Rivières

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