La MRC reste fermée à l'information

Le préfet de la MRC de Maskinongé, Robert... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le préfet de la MRC de Maskinongé, Robert Lalonde.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Lors du conseil des élus de la MRC de Maskinongé du mois d'octobre, le préfet Robert Lalonde est demeuré ferme quant à la position adoptée sous forme de résolution au mois d'août.

Ainsi, il a répondu non à une première question portant sur la nécessité d'une étude indépendante dans le but de mieux informer certains maires de la MRC qui réclament de l'information. À une autre question abordant la sécurité civile, soit la formation des pompiers et les coûts reliés pour être en mesure de faire face à un éventuel déversement ou à une explosion de pétrole bitumineux, le préfet a révélé qu'il ne connaissait pas ces coûts et que c'est TransCanada PipeLines qui prendra en charge la formation des pompiers.

Enfin, à une dernière question rappelant que plus de 75 municipalités s'opposaient au passage de l'oléoduc y compris récemment Laval, il était demandé si ce fait nouveau amenait les maires à réviser leur position quant au passage de l'oléoduc. À nouveau, la réponse a été non. 

 À entendre les brèves réponses qu'il a présentées aux questions des citoyens du Comité Vigilance Hydrocarbures des municipalités de la MRC de Maskinongé sur le passage de l'oléoduc Énergie Est, on comprend que le préfet s'en tienne au contenu d'une résolution par laquelle la MRC a abdiqué ses responsabilités de gestion de la protection civile et de la protection de l'environnement au profit des instances gouvernementales supérieures et des entreprises privées.

Ces deux responsabilités sont pourtant décrites à la fois dans le Schéma d'aménagement de la MRC de Maskinongé et dans la Politique du développement durable de la même MRC. 

Il faut rappeler que le passage de l'oléoduc Énergie Est a été accepté par résolution sous certaines conditions et que la MRC, si l'oléoduc était autorisé, solliciterait les instances supérieures fédérales et provinciales ainsi que des experts indépendants pour faire respecter les plus hautes normes de qualité de construction. Le gros problème avec cette position c'est que le sens des responsabilités des instances mentionnées, soumises au lobbyisme et aux lois du profit, manquent de crédibilité et que les déversements récents survenus au Canada et aux États-Unis sont loin de rassurer la population. 

Si des problèmes survenaient lors de la mise en marche de l'oléoduc, abandonnerait-on pour autant le projet après un investissement de plus de 12 milliards $ Bien sûr que non! Alors, peut-on prendre au sérieux les prétendues mesures de précaution annoncées par la MRC à moins de faire preuve d'une naïveté profonde ?

Dans un tel état de renoncement, il demeure cependant que la MRC de Maskinongé fait de ses citoyens les otages d'une résolution qui n'est basée sur aucune étude indépendante, qui est imposée sans consultation et de façon autoritaire. En fait, le préfet, élu sans aucun mandat précis à l'égard de la construction d'un oléoduc sur le territoire, met la population à la merci d'un projet dont les impacts et les risques n'ont pas été sérieusement mesurés. 

À l'opposé de cette triste situation, 75 municipalités du Québec situées à proximité du parcours de l'oléoduc, y compris les MRC de L'Islet, D'Autray, des villes d'Oka, Mascouche, Terrebonne et Laval, ont dit non au passage de l'oléoduc. Pas rassurées par les représentations de TransCanada, ces villes et MRC, après avoir déposé des rapports et des mémoires, ont informé et consulté leur population puis ont assumé entièrement leurs responsabilités à l'égard de la protection civile et de la protection de l'environnement en appliquant le principe de précaution. 

Devant des risques évidents, elles refusent le passage de l'oléoduc. Avec cette mobilisation, le Comité Vigilance Hydrocarbures des municipalités de la MRC de Maskinongé veut poursuivre ses activités de sensibilisation et d'information dans le but de participer à un large mouvement de non-acceptabilité sociale de l'oléoduc.

Pierre Foisy

pour le Comité Vigilance Hydrocarbures des municipalités

de la MRC de Maskinongé au nom de 30 cosignataires.

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