Croyez-moi, ça fait mal!

L'Université du Québec à Trois-Rivières.... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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L'Université du Québec à Trois-Rivières.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

Tout à coup, les ténèbres recouvrirent le pays... Voilà l'une des dix plaies imposées par Yahvé 
à l'Égypte et relatées dans la Bible pour forcer le Pharaon à libérer le peuple hébreux retenu en esclavage. Comment se fait-il qu'aujourd'hui un même fléau semble s'être abattu sur l'UQTR?

Je fais notamment référence au double revenu d'un nouveau cadre supérieur de l'UQTR, Robert W. Mantha, tel que rapporté récemment par Le Nouvelliste. Cet heureux retraité reçoit sa pleine pension de l'Université Laval, où il a fait carrière, de même que son plein salaire de vice-recteur à l'UQTR.

Or, tant au sein de l'appareil gouvernemental que du réseau de l'Université du Québec, la règle veut que la personne qui sort de sa retraite pour revenir dans le public voit son salaire diminué de l'équivalent de la moitié de sa rente de retraite. Il y a tout de même une limite à empiler les revenus provenant de l'État...

Or, son proche collègue, Olivier Malo, vice-recteur aux ressources humaines, se porte volontaire pour aller à la défense de cette double rémunération en expliquant, sans doute un loup sur les yeux, que cette règle ne peut être imposée à monsieur Mantha, parce que ce dernier arrive d'une université à charte (l'Université Laval), donc du secteur privé. Voilà sans doute une belle façon de préparer le terrain pour accueillir possiblement son futur patron, le même monsieur Mantha, qui vient de postuler pour devenir recteur de l'UQTR...

Il faut vraiment nous prendre pour de profonds demeurés en osant déclarer publiquement que monsieur Mantha arrive du secteur privé! Il n'était pas cadre chez Marmen ou chez Canadian Tire; il débarque directement de l'Université Laval, dont le budget provient à près de 70 % d'une subvention du ministère de l'Éducation et à près de 16 % des droits de scolarité payés par les étudiants bénéficiant du programme de Prêts et bourses supporté par le gouvernement. Il sort d'une institution d'enseignement supérieur subventionnée à plus de 80 % par l'État! Allô le secteur privé!

Je regrette de le souligner, et ce n'est pas du tout de manière nostalgique, car après avoir oeuvré durant près de 30 ans au sein de l'UQTR, où j'ai été tellement heureux, je ne comprends vraiment pas du tout l'origine de la contagion qui a touché cette institution de manière aussi toxique ces derniers temps. Je ne rappelle pas les détails de la saga entourant le passage précipité de la rectrice Ghazzali. Durant la même période, on embauche, comme cadre supérieur s'il vous plaît, une personne qui ne dispose d'aucun diplôme, même pas d'études collégiales... Il faut le faire! Ensuite, en mai 2013, on nomme comme vice-rectrice à l'administration et aux finances Johanne Giguère, qui reste toujours en place, même après le rapport accablant de la vérificatrice générale du Québec, déposé en mai dernier, qui met en lumière les mauvaises pratiques administratives et de gestion financière survenues à l'UQTR. 

Et maintenant, une double rémunération «acceptable» parce que son bénéficiaire provient du «privé», soit de l'Université Laval... Comme disait le lutteur Édouard Carpentier, devenu plus tard descripteur de combats : «Croyez-moi, ça fait mal!»

Guy Godin

Trois-Rivières

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