Le boulet de la dette

On vient d'élire, contre toute attente, un gouvernement... (La Presse Canadienne)

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On vient d'élire, contre toute attente, un gouvernement libéral majoritaire avec un jeune chef dynamique, charismatique.

La Presse Canadienne

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Le Nouvelliste

On vient d'élire, contre toute attente, un gouvernement libéral majoritaire avec un jeune chef dynamique, charismatique. Le pays va bénéficier, selon ses dires, d'une politique intérieure axée sur la générosité et l'entraide et d'une politique extérieure moins guerrière et toute en nuance.

Une des grandes différences entre les politiques des libéraux de Justin Trudeau et celles des deux autres grands partis portait sur la promesse d'investir 60 milliards $ en dix ans dans les infrastructures du pays. Lesquelles? Donc, les libéraux annoncent des déficits pour les trois prochaines années. Le but est louable: créer des emplois, surtout pour les jeunes. Bien des économistes prônent ainsi des dépenses et des investissements en temps de récession pour stimuler l'économie et enrayer une partie du chômage.  

Nous nous posons des questions à propos de notre taux de chômage et de notre dette. Celle-ci se justifie en fonction de celui-là.  

Le taux de chômage s'est établi à 6,8 % en juillet dernier. Voici le taux de chômage par province: Terre-Neuve-et-Labrador (12,3),  Île-du-Prince-Édouard (11,1), Nouvelle-Écosse (8,0),  Nouveau-Brunswick (10,8), Québec (8,0), Ontario (6,5), Manitoba (5,3), Saskatchewan (4,7), Alberta (5,7), Colombie-Britannique (5,8).

D'autre part, quel est actuellement le niveau de la dette fédérale? Le Canada a accumulé année après année une dette publique de quelque 620 milliards $. Et s'il faut ajouter un autre 60 milliards $ à cette dette, à combien se chiffrerait annuellement les intérêts à payer? Près de 35 milliards $, basés sur le calcul de la dette québécoise. En pure perte chaque année si le chômage ne recule pas de façon significative. Sinon, ce boulet de la dette, qui augmentera de près de 35 milliards $ par année, constituera un frein à notre développement économique et sera, à n'en pas douter, responsable d'un déficit budgétaire récurrent. Tôt ou tard, le gouvernement fédéral sera pris dans un étau. 

Comment le gouvernement parviendra-t-il au déficit zéro dans le temps imparti, soit à partir de 2019? Ne serait-il pas obligé d'emprunter pour rétablir l'équilibre budgétaire? Et s'il n'empruntait pas, il ne pourra non plus promettre d'atteindre l'équilibre zéro sans augmenter les impôts. Voilà le dilemme. Tôt ou tard, il devra faire le choix des emprunts et d'augmenter de ce fait encore la dette.

Il faut comprendre qu'en économie, tout changement majeur peut avoir des répercussions. Le politicien habile et avisé qui vise des changements devrait se poser des questions: ces changements provoqueraient-ils la croissance? Quel en serait le pourcentage?

Susciteraient-ils la création d'emplois? Et de combien?

Favoriseraient-ils la richesse et l'harmonie sociale? Le résultat final serait-il positif?

Voilà des questions qui sont restées sans réponse durant une campagne qui a duré 78 jours! Force est de constater que le gouvernement, comme le citoyen, vit à crédit, paie plus cher ses achats et ses besoins en argent augmenteront encore notre dette et par conséquent, notre déficit. Nous sommes des condamnés à perpétuité dans la prison des emprunts personnels et gouvernementaux.

Roger Greiss 

Secteur Grand-Mère

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