Il faut s'en inspirer

Justin Trudeau, premier ministre du Canada....

Agrandir

Justin Trudeau, premier ministre du Canada.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Justin Trudeau a défendu avec fermeté et conviction un point de vue impopulaire.

Lors de la récente campagne électorale, Justin Trudeau a fait preuve de leadership. Sur la question du niqab, comme sur celle des déficits, il a défendu avec fermeté et conviction un point de vue impopulaire et ne s'est pas laissé atteindre par la critique.

Également, concernant les manigances du lobbyiste Daniel Gagné en fin de campagne, Trudeau a pu convaincre d'un geste isolé et non représentatif parce qu'il incarnait l'image d'un PLC renouvelé. Il y a là, même pour les adversaires, d'importantes leçons politiques à tirer.

Pour les indépendantistes, une nouvelle période débute, encore. Et la bonne nouvelle est que les prochaines élections générales seront québécoises. Les forces souverainistes peuvent désormais se concentrer sur cette nouvelle échéance qui viendra bien assez tôt, si on pense à ce qu'il reste à faire. Inspiré par l'éclatante victoire de Justin Trudeau, j'aimerais faire part de deux considérations qui m'apparaissent importantes dans l'horizon de cette échéance.

La première a trait aux convictions et au succès électoral qui peut en être tiré. Lors des élections fédérales, la dissension de plusieurs candidats du NPD et l'inconfort des autres, incluant le chef, au sujet du niqab, a laissé l'image d'un parti embarrassé sur une question de principe.

Sur la question de la place du Québec dans la fédération, même si le NPD avait la position la plus généreuse parmi les partis aspirant à gouverner (ce qui est tout de même peu relativement aux demandes historiques du Québec), la duplicité (vraie ou imaginaire) du chef, selon qu'il se trouvait au Québec ou au Canada, a fait fuir un bon nombre de nationalistes québécois. 

Dans les deux cas, Trudeau n'a pas payé le prix d'une plus grande intransigeance sur ces questions chères à plusieurs Québécois, et la raison semble claire: on pouvait ne pas aimer ces aspects (niqab, place du Québec) parmi d'autres du programme, mais on ne pouvait, à partir d'eux, mettre en doute l'authenticité et le caractère du chef (ce pathos qu'Aristote jugeait être d'une importance primordiale dans les affaires politiques). 

Une deuxième considération concerne le renouveau nécessaire des partis politiques établis.

Au Parti québécois, on a beaucoup discuté de cette question, du renouvellement du parti comme du renouvellement du discours, et souvent de manière bien creuse, si bien que soulever le problème suscite aujourd'hui une certaine lassitude. Celui qui s'y risque doit faire court et cibler avec précision.

Alors voici: si le parti savait s'ouvrir au militantisme créatif et enthousiaste qui caractérise Option nationale, et aux réseaux de jeunes gens brillants et vigoureux qu'il recoupe, ainsi qu'aux meilleurs éléments de Québec solidaire, on pourrait imaginer une force politique capable et inspirante pour les prochaines élections québécoises, à l'image de ce qu'a incarné le PLC pour les Canadiens tout récemment. 

Ces deux considérations sont peut-être fort peu originales, c'est pourquoi je formulerais quatre gestes pratiques qui seraient susceptibles de les mettre en oeuvre dans un contexte précis, question d'alimenter la discussion, et que je destine sans attente et de façon bien générale au Parti québécois:

1) abandonner le label de «Parti québécois» pour quelque chose de fédérateur qui rappelle également un principe, soit la cause des nations subétatiques aspirant à l'indépendance («Parti national du Québec», clin d'oeil à Option nationale et au SNP, vient à l'esprit); 2) s'engager à faire de l'accession à la souveraineté (lois, impôts, traités) la pièce maîtresse d'un premier mandat de gouvernement;

3) ouvrir, après une période de recrutement, tous les exécutifs locaux et régionaux aux membres en décrétant de nouvelles élections; 4) à la suite de ce processus, ouvrir les exécutifs nationaux et soumettre la présidence à un vote de confiance lors d'un congrès inaugural. 

Simon Couillard

Enseignant en philosophie

Cégep de Victoriaville

Doctorant en études québécoises, UQTR

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer