Le bien-être des chiens...

La maltraitance n'est pas toujours là où on...

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La maltraitance n'est pas toujours là où on le pense.

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Le Nouvelliste

La campagne de la SPA de Montréal sur les chiens à la chaîne et les débats entourant la refonte de la loi sur le bien-être animal permet de nous rappeler à quel point les perceptions sont divergentes selon la nature de l'interaction avec les chiens, le bagage de connaissances, la formation et l'expérience. Tous semblent convaincus d'avoir raison et ont la certitude de connaître plus que les autres la façon de pourvoir aux besoins des chiens et malheureusement, on est bien plus intéressés à souligner nos divergences que ce qui nous unit, soit l'amour et la passion des chiens.

On pointe souvent les gens de chiens de traîneaux quand on parle de chiens à la chaîne. Mais la chaîne est un faux problème. C'est la réponse aux besoins du chien au quotidien qui est en cause. Ni la chaîne ni l'enclos ne garantit la réponse adéquate aux besoins d'activité du chien (locomotion, cognitif, masticatoire, jeux, etc.). et ce n'est pas difficile de comprendre que d'être contraint 24/24 dans le même environnement à la chaîne ou en enclos ou dans un salon, c'est loin d'être suffisant, stimulant ni intéressant pour n'importe quel mammifère.

Le chien n'a pas été conçu par la nature pour ne rien faire. Au fil des siècles, l'humain a sélectionné et modifié génétiquement le chien pour des tâches spécifiques: chasse, garde, attaque, trait, etc. Pas pour nous tenir compagnie sagement dans le confort de la maison. Ne pas répondre à leurs besoins d'activité cause une bonne part des problèmes de comportement et représente une forme de cruauté animale.

Bien sûr, depuis 2012, un règlement encadre, enfin, certains paramètres qui protègent l'intégrité physique du chien, et d'autres s'en viennent, c'est bien, très bien, mais ça n'assure pas de répondre à tous les besoins du chien, puisque l'on peut complètement les ignorer et les laisser mourir d'ennui dans un salon ou un enclos et être quand même responsable de 1 ou 100 chiens.

Pourquoi ne pas travailler à rechercher et définir les meilleures pratiques pour la garde de chiens? Puisque s'il y un consensus, c'est qu'il n'y en a pas sur ce que sont les besoins du chien. Pourquoi ensuite ne pas exiger une formation et/ou une mise à jour de ces compétences? Pourquoi accepter que n'importe qui peut s'improviser et faire n'importe quoi avec des êtres vivants, même si ces gens se disent bien intentionnés?

Pendant que l'on discute de ce qui fait notre bonheur à nous, les humains, le Québec détient le record du nombre le plus élevé d'abandons d'animaux en Amérique du Nord. D'après les statistiques de la Société québécoise pour la défense des animaux, 45 % des ménages au Québec possèdent un animal domestique. En moyenne, ils ne le garderont que deux ans. On estime qu'environ un demi-million d'animaux sont abandonnés dont 80 % seront euthanasiés chaque année, et ce malgré que l'abandon d'un animal domestique constitue un acte criminel.

Qu'en est il du chien de traîneau?

Fait dans les règles de l'art, cette activité permet de répondre à plusieurs des besoins fondamentaux du chien, soit la dépense physique de par la course, soit l'activité cognitive de par l'entraînement nécessaire pour accomplir la tâche complexe qu'est de courir attelé, en équipe, la socialisation, le jeu, la sécurité, en plus de tous les soins nécessaires à leur condition d'athlètes.

Ceci dit, j'ai 26 chiens, et je préfère les voir en enclos qu'attachés, mais la maltraitance n'est pas toujours là où on le pense.

Maxime Leclerc-Gingras, Co-proporiétaire Manitou Mushers

Sainte-Thècle

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