Levons les voiles

Pour relancer sa campagne électorale vacillante, Stephen Harper a engagé un... (ARCHIVES, LeDroit)

Agrandir

ARCHIVES, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Pour relancer sa campagne électorale vacillante, Stephen Harper a engagé un stratège australien perfide qui lui a vite soufflé à l'oreille un pernicieux: «... et si l'on parlait de tissu?»!

Un petit bout de linge provoque vite un séisme dans les intentions de vote: le NPD perd des plumes, le Bloc et le PCC se gavent d'appuis, mais, paradoxalement, le PLC ne prend pas de plomb dans l'aile.

Pour l'essentiel, le Parti conservateur s'insurge contre le niqab parce qu'il constitue une insulte à Sa Majesté, alors que le refus du Bloc procède d'un principe de civilité. En revers, le NPD le tolère en se voilant derrière une décision de la justice... Quant au PLC, il n'est pas question de tenter de brimer les sacro-saintes libertés individuelles! Haro sur celui qui oserait envisager de les restreindre.

Imaginons, pour l'exemple, un aspirant à la citoyenneté désireux de se présenter tout nu à la cérémonie de l'assermentation. Stephen le bleu rosirait, ordonnerait qu'on ne le convoque qu'à la mi-février de chaque année pour une assermentation en plein air et si, d'aventure, le gueux se présentait, il écoperait d'une peine exemplaire et incompressible pour crime de lèse-majesté!

Je sais que vous pourriez me suggérer que Tom demanderait peut-être un avis juridique. Gilles pourrait sourire de l'affront infligé à cette vieille dame que l'on devrait au plus vite gommer de notre monnaie, entre autres! Justin, dans la ligne claire de son parti, devrait résolument accueillir le nudiste et la porteuse de niqab et, dans un élan fraternel, leur souhaiter la bienvenue au Canada, en souhaitant qu'il ne lâche ni à l'un ni à l'autre son lapsus lancé à Gilles Duceppe! Tout de même, le respect des libertés individuelles commande son lot de concessions et vive le trop peu et le trop!

Mais là, le bât blesse... Comment tolérer qu'une femme porte un attribut témoignant de son aliénation à un conjoint retors et, par ailleurs, la nudité n'a-t-elle pas une place raisonnable exclusivement dans l'espace privé? L'espace public ne saurait se plier aux libertés individuelles et la vie en société commande, sans l'ombre d'un doute, son lot de règles qui relèvent du bien commun. Ces normes constituent une charte de la citoyenneté et pour sa constitution nécessaire, l'horizon est limpide: le PLC ne bougera pas le petit doigt au nom des droits des individus (!), le Bloc est condamné par nature à l'impuissance et le PCC ne sera que si timide, que rien n'y paraîtra (à la manière dont notre bon docteur, mais piètre PM du Québec, nous donnera un simulacre de charte).

Il revient donc au NPD, seul parti fédéral ancré dans des valeurs socio-démocrates, de fixer les balises d'une Déclaration des droits et des devoirs du citoyen, seule susceptible de garantir les conditions minimales d'un vivre-ensemble minimalement harmonieux!

Tom ou Thomas, la nécessité de changement à Ottawa englobe cet impératif incontournable: une correction majeure de l'option trudeauiste des libertés individuelles avant tout. L'espace public a aussi ses exigences.

Blaise Balmer, Trois-Rivières

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer