Ni oui, ni non

Le fleuve Saint-Laurent.... (Archives Le Nouvelliste)

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Le fleuve Saint-Laurent.

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On ne sait toujours pas si les toilettes de Montréal vont finir par être évacuées dans le fleuve et venir temporairement taquiner la prise d'eau de Bécancour et d'autres municipalités en aval de la métropole. Le gouvernement fédéral vient d'ordonner la suspension du projet. Un arrêté ministériel exceptionnel. Une nouvelle qui va peut-être réconforter un peu les opposants, mais il s'agit bien à ce moment-ci d'une décision électorale racoleuse. Rien de plus. Rien ne dit que le feu vert ne sera pas donné... tout de suite après les élections.

On l'a vu ces deux dernières semaines, le projet de la Ville de Montréal de rejeter dans le fleuve huit milliards de litres d'eaux usées en l'espace d'une semaine, soulève de vives craintes au sein de la population. Une pétition de 90 000 noms a été remise au maire Denis Coderre qui soutient que la Ville n'a pas d'autre option si elle veut pouvoir aménager sa chute à neige avant l'hiver.

On sait maintenant que le ministère fédéral de l'Environnement a été informé il y a un an déjà de l'intention de la Ville. Aucune inquiétude ne s'est manifestée jusqu'ici à Ottawa concernant ce rejet. Voilà qu'à quelques jours de l'élection du 19 octobre, la ministre fédérale de l'Environnement se dit préoccupée des impacts qu'elle craint substantiels et ordonne la mise sur la glace du projet d'ici à ce qu'un expert indépendant revoit toute l'affaire et lui fasse rapport. Plusieurs experts indépendants ont pourtant déjà indiqué que ces rejets auraient des conséquences minimes parce que tout ce qui sort de l'usine de traitement des eaux de la métropole ce n'est pas de l'eau pure de toute façon; les rejets contiennent toujours de nombreux contaminants qui échappent au processus de traitement.

On n'a jamais vu le gouvernement conservateur si préoccupé de la vie aquatique. On a beau être inquiets de ces fichus rejets qui nous répugnent, n'empêche que Toronto en fait régulièrement de plus gros encore dans le lac Ontario, tout comme la ville de Victoria envoie tous ses égouts non traités directement dans le Pacifique, sans qu'Ottawa ne soit jamais intervenu. Comment expliquer cette soudaine préoccupation pour le fleuve sinon par le fait qu'on veut gagner du temps et flatter les électeurs québécois dans le sens du poil. Cette manoeuvre de dernière minute est trop grosse pour être crédible.

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