CSAD, quel dossier pourri

Le Complexe sportif Alphonse-Desjardins (CSAD).... (Photo: Émilie O'Connor)

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Le Complexe sportif Alphonse-Desjardins (CSAD).

Photo: Émilie O'Connor

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Complexe sportif Alphonse-Desjardins, parrainé par la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, devait s'opérer à coût nul. Or,il s'est révélé un épouvantable gouffre financier: dépassements de coûts, importants déficits à répétition, irrégularités administratives, bonus versés illégalement à des têtes dirigeantes du CSAD, enquête toujours en cours par l'UPAC, bref, la Commission scolaire a perdu des millions dans l'aventure. Il est plus que normal qu'elle compte maintenant poursuivre en justice tous ceux qu'elle estime fautifs. La Commission scolaire pourra-t-elle récupérer toutes ses billes? On peut malheureusement en douter.

Il y a un an et demi, le vérificateur général du Québec s'est penché sur la gestion de cet équipement sportif géré par une organisation sans but lucratif mise en place par la Commission scolaire. Ses conclusions ont eu l'effet d'une bombe: on était bien ici en présence d'un scandale. Le CSAD a été très mal administré. Pire, la Commission scolaire a même été pointée du doigt pour avoir fait preuve de laxisme, d'autant plus d'ailleurs qu'un de ses représentants devait veiller au grain au sein du conseil d'administration du CSAD.

La Commission scolaire va envoyer une mise en demeure aux personnes visées: l'ancien directeur général du CSAD, Jean-François Picard, son adjoint Michel Montambeault, l'ancien comptable Steven Bélanger, l'ancien directeur général de la CS, Michel Morin, et aussi la firme de vérificateurs Morin Cadieux Senc. Est-ce qu'on peut penser que les personnes visées vont accepter la réclamation sans se défendre? Sans tenter de faire porter une partie du chapeau par la Commission scolaire?

Peut-on croire qu'elles auront les moyens, le cas échéant, d'assumer personnellement tous les millions gaspillés et envolés? Il y aura certes ici une longue saga judiciaire à venir avant qu'on sache si les contribuables pourront récupérer ne serait-ce qu'une partie de l'argent dont on les a floués. Si aucun règlement civil ne survient, pourrait-il y avoir des poursuites criminelles contre certains? On n'en sait trop rien à ce moment-ci.

Même si les démarches légales que s'apprête à prendre la Commission scolaire imposeront encore des frais d'avocats, que le ministère de l'Éducation va prendre sous son aile en bonne partie, n'en reste pas moins qu'elle n'avait pas le choix d'agir et de confondre ceux en qui elle a mis sa confiance et qui l'ont déçue. Le rapport du vérificateur général était trop lourd de sens pour qu'on le mette sur une tablette, sans compter que la crise force la Commission scolaire à des années de déficits pour absorber le choc. Les conséquences sont donc bien réelles.

Bien sûr, elle a entrepris dès l'an dernier un plan de redressement pour corriger la barre: l'ancienne direction du CSAD a été écartée et la nouvelle s'active à redresser le bateau, notamment en récupérant les locations qui auraient dû être facturées à certains, comme le père de l'ancien directeur général, Jean-François Picard, qui aurait semble-t-il profité gratuitement des installations pour ses activités, un exemple de largesses qui n'ont pas aidé au bon équilibre budgétaire du CSAD. De l'argent, il faut bien se rappeler, qui aurait été mieux investi en servant la cause des élèves.

Il faudrait être bien naïfs pour croire que la Commission scolaire va pouvoir un jour clore le dossier avec des pertes zéro. Mais en matière d'administration publique, les autorités doivent faire preuve de rigueur; l'imputabilité doit être un incontournable principe.

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