Le Jell-O électoral est encore mou

Les électeurs canadiens sont convoqués aux urnes....

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Les électeurs canadiens sont convoqués aux urnes.

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Alors que s'ouvrent aujourd'hui les bureaux de votation par anticipation, il faut bien constater que le Jell-O électoral n'est pas encore figé.

À tous les jours, les maisons de sondage nous laissent voir qu'il y a encore du mouvement de la part des électeurs. Et Dieu sait qu'il y en a eu, des sondages, dans cette campagne historiquement longue, jusqu'à trois publications certains jours.

Non seulement le vote n'apparaît pas vraiment figé dans l'ensemble du Canada; il l'est encore moins au Québec où l'aiguille bouge sans arrêt. De sorte qu'il y a encore très peu de certitude sur l'issue des résultats dans les circonscriptions de la région. Un petit coup de vent d'un bord ou de l'autre et tout peut arriver. On a rarement vu un tel mélange des électeurs, à tous les niveaux.

Cela promet une soirée électorale passionnante. Le dévoilement des résultats va tenir les électeurs sur le bout de leur divan jusqu'à la fin, car il faudra probablement attendre la Colombie-Britannique pour connaître le fin mot de l'affaire. Il y aura beaucoup de surprises.

Quand on fait une compilation des plus récents sondages, il apparaît déjà assez clairement que le prochain gouvernement sera nettement minoritaire et probablement conservateur. Au Québec, la tendance est toujours au NPD, mais il a perdu tellement de points au cours des dernières semaines que les récoltes libérale et conservatrice pourraient être bien meilleures que ce qui était prévu et que le Bloc, pour peu qu'il y ait un ultime soubresaut des souverainistes qui sont loin d'être tous rentrés au bercail, pourrait lui aussi réserver quelques surprises. En fait, tout demeure possible.

Selon des sites de prédictions comme Si la tendance se maintient ou Three Hundred Eight, le bloquiste Louis Plamondon serait, dans l'état actuel des intentions de vote, réélu pour un dixième mandat dans Bécancour-Nicolet-Saurel. Le premier site lui concède 33 % des votes et le second 35,5 %, ce qui placerait ses chances de l'emporter à 89 et 71 %, selon le cas. C'est que Three Hundred Eight, à 25,8 %, met la lutte un peu plus serrée avec Nicolas Tabah du NPD alors que Si la tendance se maintient place presque à égalité les forces des candidats conservateur, néo-démocrate et bloquiste.

Dans Berthier-Maskinongé, les deux sites de prévision conservent la députée néo-démocrate sortante, Ruth Ellen Brosseau, en avance. Mais il persiste une certaine fragilité dans son cas du fait qu'elle obtient, à 29 %, un niveau de popularité très proche de celui de son parti pour l'ensemble du Québec. Il ne faudrait pas que le NPD baisse encore. Ses possibilités de l'emporter sont évaluées entre 63 et 78 %. C'est Yves Perron du Bloc québécois qui s'en rapproche le plus avec le quart des intentions de vote.

La lutte la plus chaude s'annonce pour l'instant dans Saint-Maurice-Champlain, qui avait voté majoritairement NPD en 2011. Mais à 28 % des votes qui lui seraient destinés, Jean-Yves Tremblay fait un peu moins bien que son parti. Il serait talonné tant par la bloquiste Sacki Carignan Deschamps, le libéral François-Philippe Champagne que par le conservateur Jacques Grenier. Il suffirait d'un peu de mouvement dans l'humeur déjà inconsistante des électeurs pour que la donne change du tout au tout. C'est là que les possibilités de l'emporter du candidat présumément en avance, à 50 %, sont les plus faibles dans la région.

Robert Aubin avait fait dix points de mieux que son parti le NPD aux dernières élections. C'est cet apport personnel, qui est considéré dans les algorithmes des sites de prédictions, qui lui maintiendrait une avance encore, si l'on peut dire, confortable, avec 39 % des intentions de vote. Ce qui favorise aussi le député Aubin, c'est que la lutte serait très vive entre les trois autres principaux adversaires. Yvon Boivin du PLC, Dominic Therrien, du PCC, et André Valois du BQ se diviseraient à peu près également le reste du vote, de sorte qu'il n'y aurait pas de deuxième dominant. Three Hundred Eight situe à 85 % les chances de réélection du député et Si la tendance se maintient, à 100 %.

Il faut cependant prendre certaines précautions avec les sondages nationaux sur lesquels se basent ces sites, parce que l'échantillonnage dans les circonscriptions est plutôt mince et que certaines considérations locales, comme la personnalité des candidats et la capacité de leurs organisations à identifier et faire sortir le vote, peuvent difficilement être prises en compte. Ce qui peut faire une différence, parfois appréciable.

Cela, avec un flottement qui persiste chez les électeurs, ne peut que contribuer à maintenir jusqu'au 19 octobre le suspense électoral.

La seule certitude dans la région, c'est que les candidats du Parti vert restent marginalisés et que le marxiste-léniniste Jean-Paul Bédard, dans Saint-Maurice-Champlain tout comme le libertarien Maxime Rousseau, dans Trois-Rivières, n'ont aucune chance de l'emporter. Là, on peut prendre des gageures.

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